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<title>Un livre sous le bras</title>
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<description>Le coup de coeur d'Arnaud</description>
<language>fr</language>
<copyright>Radio France</copyright>
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<title>Un livre sous le bras</title>
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<itunes:category text="Arts"><itunes:category text="Literature" />
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<title>&quot;Tanger 54&quot; de  Mona Thomas</title>
<link>http://www.radiofrance.fr/</link>
<description>durée : 00:04:10 - Un livre sous le bras - &amp;nbsp;
«&amp;nbsp;Tanger 54&amp;nbsp;», &amp;nbsp;tient à la fois de l’essai et du document. Il
est signé d’une critique d’art, Mona Thomas, qui essaie de retrouver l’origine
d’un dessin que l’acteur Gérard Desarthe a acheté dans une «&amp;nbsp;foire à
tout&amp;nbsp;» en Normandie pour 20 euros et qui pourrait bien se révéler beaucoup
plus précieux. C’est un peu notre fantasme à tous. Qui n’a pas hanté une
«&amp;nbsp;foire à tout&amp;nbsp;» ou un «&amp;nbsp;vide grenier&amp;nbsp;» en espérant faire
l’acquisition pour trois francs six sous d’une pièce précieuse&amp;nbsp;? C’est
peut-être ce qui est arrivé à l’acteur Gérard Desarthes un dimanche de juillet
2010 sur le marché de Beuzeville, un village situé entre Pont-l’évêque et
Honfleur. Là, il achète pour vingt euros un pastel de 30 cm sur 30 représentant
un jeune Arabe. Mais, s’il l’achète, ce n’est pas pour sa beauté intrinsèque.
Mais parce qu’il y a écrit sur le coin inférieur droit du dessin&amp;nbsp;:
«&amp;nbsp;Will S. Burroughs, Tanger 54&amp;nbsp;». William Burroughs&amp;nbsp;! Le célèbre
écrivain américain, le pape de «&amp;nbsp;beat
generation&amp;nbsp;», l’inventeur en littérature du «&amp;nbsp;cut up&amp;nbsp;», qui se trouvait bien à
Tanger en 1954. «&amp;nbsp;C’est quoi&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» demande Gérard Desarthe au
vendeur, «&amp;nbsp;c’est moche, non&amp;nbsp;?&amp;nbsp;». «&amp;nbsp;Oui, c’est moche&amp;nbsp;»,
répond l’autre. «&amp;nbsp;C’est combien&amp;nbsp;?&amp;nbsp;». «&amp;nbsp;Vingt euros&amp;nbsp;».
Et en payant, Desarthe se dit qu’il vient peut-être de faire une sacrée bonne
affaire.

Ensuite, la critique d’art
Mona Thomas rejoint Desarthe pour déjeuner. Tous les deux observent la pièce.
Evidemment, elle ne représente pas Burroughs, mais, on l’a dit, un jeune Arabe.
Le tableau est reproduit au début du livre. Se pourrait-il alors que ce pastel
soit une œuvre dédiée à William Burroughs&amp;nbsp;? Oui, mais dans ce cas, il y
aurait&amp;nbsp;écrit : «&amp;nbsp;Pour&amp;nbsp;» ou «&amp;nbsp;For&amp;nbsp;» (en anglais) Will
S. Burroughs… Or là, il y a juste écrit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Will S. Burroughs, Tanger
54&amp;nbsp;». Mona Thomas décide donc de mener l’enquête, de remonter la piste, et
donc, ce qu’on va lire, c’est le fruit de ses recherches, de ses ruminations…
Et très vite, elle va découvrir qui est le jeune Arabe représenté sur ce dessin
au pastel. Ce jeune Arabe s’appelle Ahmed Yacoubi, et il deviendra plus tard,
dans les années 70, un peintre réputé à New York. En 1954, à Tanger, Ahmed
Yacoubi était le jeune amant d’un autre écrivain américain, Paul Bowles, qui
était par ailleurs l’ami de William Burroughs. L’enquête de Mona Thomas se
déploie alors dans ce Tanger de 1954, une ville dont Burroughs disait qu’elle
était alors «&amp;nbsp;le pouls du monde, entre rêve et réalité&amp;nbsp;». C’est qu’on
trouve tout à cette époque, à Tanger, de la drogue à gogo, et aussi, il faut
bien le dire, de jeune prostitués adolescents… Et cela attire beaucoup de
monde, beaucoup de beau monde… Truman Capote, Paul Bowles, William Burroughs ou
encore le peintre Francis Bacon… ET là, le cerveau de Mona Thomas fait
tilt&amp;nbsp;! Se pourrait-il que ce pastel soit l’œuvre de Francis Bacon, l’un
des peintres les plus chers au monde&amp;nbsp;? Vous imaginez ça&amp;nbsp;? Acheter
vingt euros sur le marché de Beuzeville, entre Honfleur et Pont l’Eveque, un
dessin de Bacon pour 20 euros&amp;nbsp;? Le fait est, Mona Thomas le démontre, que
Ahmed Yacoubi a bien rencontré Francis Bacon à cette époque, il a même été son
élève (sinon plus…). Bacon aurait-il alors fait son portait au pastel&amp;nbsp;?
C’est possible&amp;nbsp;: il avait l’habitude d’utiliser le pastel, il en a même
acheté à Tanger, on en a la preuve. Oui, mais pourquoi a-t-il écrit
alors&amp;nbsp;: Will S&amp;nbsp;; Burroughs, Tanger 1954&amp;nbsp;» en observant par
ailleurs une graphie française du nom Tanger, alors que les Anglophones disent
Tangier…

C’est ce mystère, cette
enquête palpitante sur un simple dessin qui fait tout l’intérêt du livre de
Mona Thomas. Je me garderais bien de vous en révéler l’issue. On ne révèle pas
la fin d’un polar, fût-il artistique. Sachez seulement que Gérard Desarthe a
reçu une demande de prêt pour ce dessin pour une grande rétrospective William
Burroughs qui aura lieu cette année à Hambourg… Mais cela pose un sérieux
problème… Quel est le statut de ce dessin&amp;nbsp;: un simple truc assez moche
acheté vingt euros dans une foire à tout, ou une œuvre d’art qui vaudrait
beaucoup, beaucoup, beaucoup plus cher&amp;nbsp;? Comment le faire assurer dans ces
conditions&amp;nbsp;? Le livre passionnant de Mona Thomas pose à la fin une
question aussi simple que compliqué&amp;nbsp;: qu’est-ce qu’une œuvre d’art&amp;nbsp;?</description>
<author>podcast@radiofrance.com</author>
<category >Arts Literature</category>
<enclosure url="http://rf.proxycast.org/m/media/273073201426.mp3?c=culture&amp;p=Un+livre+sous+le+bras_10664&amp;l3=20120218&amp;l4=&amp;media_url=http%3A%2F%2Fmedia.radiofrance-podcast.net%2Fpodcast09%2F10664-18.02.2012-ITEMA_20345821-0.mp3" length="4067456" type="audio/mpeg"  />
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<pubDate>Sat, 18 Feb 2012 05:56:00 +0100</pubDate>
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<itunes:subtitle>Émission du 18.02.2012</itunes:subtitle>
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«&amp;nbsp;Tanger 54&amp;nbsp;», &amp;nbsp;tient à la fois de l’essai et du document. Il
est signé d’une critique d’art, Mona Thomas, qui essaie de retrouver l’origine
d’un dessin que l’acteur Gérard Desarthe a acheté dans une «&amp;nbsp;foire à
tout&amp;nbsp;» en Normandie pour 20 euros et qui pourrait bien se révéler beaucoup
plus précieux. C’est un peu notre fantasme à tous. Qui n’a pas hanté une
«&amp;nbsp;foire à tout&amp;nbsp;» ou un «&amp;nbsp;vide grenier&amp;nbsp;» en espérant faire
l’acquisition pour trois francs six sous d’une pièce précieuse&amp;nbsp;? C’est
peut-être ce qui est arrivé à l’acteur Gérard Desarthes un dimanche de juillet
2010 sur le marché de Beuzeville, un village situé entre Pont-l’évêque et
Honfleur. Là, il achète pour vingt euros un pastel de 30 cm sur 30 représentant
un jeune Arabe. Mais, s’il l’achète, ce n’est pas pour sa beauté intrinsèque.
Mais parce qu’il y a écrit sur le coin inférieur droit du dessin&amp;nbsp;:
«&amp;nbsp;Will S. Burroughs, Tanger 54&amp;nbsp;». William Burroughs&amp;nbsp;! Le célèbre
écrivain américain, le pape de «&amp;nbsp;beat
generation&amp;nbsp;», l’inventeur en littérature du «&amp;nbsp;cut up&amp;nbsp;», qui se trouvait bien à
Tanger en 1954. «&amp;nbsp;C’est quoi&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» demande Gérard Desarthe au
vendeur, «&amp;nbsp;c’est moche, non&amp;nbsp;?&amp;nbsp;». «&amp;nbsp;Oui, c’est moche&amp;nbsp;»,
répond l’autre. «&amp;nbsp;C’est combien&amp;nbsp;?&amp;nbsp;». «&amp;nbsp;Vingt euros&amp;nbsp;».
Et en payant, Desarthe se dit qu’il vient peut-être de faire une sacrée bonne
affaire.

Ensuite, la critique d’art
Mona Thomas rejoint Desarthe pour déjeuner. Tous les deux observent la pièce.
Evidemment, elle ne représente pas Burroughs, mais, on l’a dit, un jeune Arabe.
Le tableau est reproduit au début du livre. Se pourrait-il alors que ce pastel
soit une œuvre dédiée à William Burroughs&amp;nbsp;? Oui, mais dans ce cas, il y
aurait&amp;nbsp;écrit : «&amp;nbsp;Pour&amp;nbsp;» ou «&amp;nbsp;For&amp;nbsp;» (en anglais) Will
S. Burroughs… Or là, il y a juste écrit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Will S. Burroughs, Tanger
54&amp;nbsp;». Mona Thomas décide donc de mener l’enquête, de remonter la piste, et
donc, ce qu’on va lire, c’est le fruit de ses recherches, de ses ruminations…
Et très vite, elle va découvrir qui est le jeune Arabe représenté sur ce dessin
au pastel. Ce jeune Arabe s’appelle Ahmed Yacoubi, et il deviendra plus tard,
dans les années 70, un peintre réputé à New York. En 1954, à Tanger, Ahmed
Yacoubi était le jeune amant d’un autre écrivain américain, Paul Bowles, qui
était par ailleurs l’ami de William Burroughs. L’enquête de Mona Thomas se
déploie alors dans ce Tanger de 1954, une ville dont Burroughs disait qu’elle
était alors «&amp;nbsp;le pouls du monde, entre rêve et réalité&amp;nbsp;». C’est qu’on
trouve tout à cette époque, à Tanger, de la drogue à gogo, et aussi, il faut
bien le dire, de jeune prostitués adolescents… Et cela attire beaucoup de
monde, beaucoup de beau monde… Truman Capote, Paul Bowles, William Burroughs ou
encore le peintre Francis Bacon… ET là, le cerveau de Mona Thomas fait
tilt&amp;nbsp;! Se pourrait-il que ce pastel soit l’œuvre de Francis Bacon, l’un
des peintres les plus chers au monde&amp;nbsp;? Vous imaginez ça&amp;nbsp;? Acheter
vingt euros sur le marché de Beuzeville, entre Honfleur et Pont l’Eveque, un
dessin de Bacon pour 20 euros&amp;nbsp;? Le fait est, Mona Thomas le démontre, que
Ahmed Yacoubi a bien rencontré Francis Bacon à cette époque, il a même été son
élève (sinon plus…). Bacon aurait-il alors fait son portait au pastel&amp;nbsp;?
C’est possible&amp;nbsp;: il avait l’habitude d’utiliser le pastel, il en a même
acheté à Tanger, on en a la preuve. Oui, mais pourquoi a-t-il écrit
alors&amp;nbsp;: Will S&amp;nbsp;; Burroughs, Tanger 1954&amp;nbsp;» en observant par
ailleurs une graphie française du nom Tanger, alors que les Anglophones disent
Tangier…

C’est ce mystère, cette
enquête palpitante sur un simple dessin qui fait tout l’intérêt du livre de
Mona Thomas. Je me garderais bien de vous en révéler l’issue. On ne révèle pas
la fin d’un polar, fût-il artistique. Sachez seulement que Gérard Desarthe a
reçu une demande de prêt pour ce dessin pour une grande rétrospective William
Burroughs qui aura lieu cette année à Hambourg… Mais cela pose un sérieux
problème… Quel est le statut de ce dessin&amp;nbsp;: un simple truc assez moche
acheté vingt euros dans une foire à tout, ou une œuvre d’art qui vaudrait
beaucoup, beaucoup, beaucoup plus cher&amp;nbsp;? Comment le faire assurer dans ces
conditions&amp;nbsp;? Le livre passionnant de Mona Thomas pose à la fin une
question aussi simple que compliqué&amp;nbsp;: qu’est-ce qu’une œuvre d’art&amp;nbsp;?</itunes:summary>
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<item>
<title>« Un homme de tempérament » du romancier anglais David Lodge</title>
<link>http://www.radiofrance.fr/</link>
<description>durée : 00:04:00 - Un livre sous le bras - Un homme de tempérament&amp;nbsp; 
&amp;nbsp;Il y a une citation
d’un chanteur américain hélas décédé, Warren Zevon, qui dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;On
achète des livres parce qu’on pense qu’en les achetant, on achète le temps de
les lire&amp;nbsp;». C’est tellement vrai… Toujours est-il qu’il vous faudra
quelques jours pour lire «&amp;nbsp;Un homme de tempérament&amp;nbsp;» de David
Lodge... Et encore, en vous consacrant quasiment qu’à cette lecture, en étant
en vacances. Mais&amp;nbsp;: ayant fait pour ma part cette expérience, je peux vous
en dire plusieurs choses. D’abord vous passerez un bon moment, car Lodge a pris
le parti d’écrire une biographie romancée de Lodge. Qu’est-ce que ça veut dire,
ici, romancée&amp;nbsp;? Eh bien, ça veut dire qu’il met en scène la vie de Wells,
qu’il vous épargne les détails inutiles dont les biographes sont rarement
avares, toujours ravis qu’ils sont de retrouver une note de teinturerie de leur
cher sujet. Alors vous me direz peut-être&amp;nbsp;: quand même, sept cent pages,
Lodge n’a pas dû compresser quand même beaucoup… C’est qu’on découvre ici que
Wells était un personnage tout à fait extraordinaire. Un génie. Et pas
seulement de la littérature, lui qui a écrit «&amp;nbsp;La guerre des mondes&amp;nbsp;»
et «&amp;nbsp;L’Ile du docteur Moreau&amp;nbsp;» au milieu de cent autres livres,
romans ou essais. Wells est un homme curieux de tout, on pourrait le comparer à
Anatole France qui était d’ailleurs son ami. Avec un côté prophétique. Il a en
1900 l’idée du char d’assaut, ce dont le remerciera Winston Churchill en 1917,
à la fin de la Première guerre mondiale. Un peu plus tard, il écrit un roman où
Paris est détruite avec une bombe atomique&amp;nbsp;! C’est un visionnaire.
Politiquement, il est socialiste, il rêve d’un gouvernement mondial, et
militera pour la Société des&amp;nbsp;Nations pendant la Seconde guerre mondiale.
Mais sa grande affaire, c’est…. Le sexe.

Entre deux romans et essais qu’il écrit, passez-moi
l’expression, comme vache qui pisse, sans toujours les soigner d’ailleurs, car
pour lui la littérature est aux services de ses idées, juste un véhicule dont
il se soucie guère de la carrosserie, entre deux livres Wells a besoin de sexe.
De beaucoup de sexe. Et dans cette société victorienne puritaine et corsetée,
il se fait dans quantité de romans le chantre de l’amour libre, hors du
mariage, le chantre de l’épanouissement sexuel, le sexe qu’il considère comme
un sport et un passe temps. Le problème, raconte Lodge, c’est que Wells se
marie avec des femmes qui ne sont pas très portées sur la chose. Fort
heureusement, sa seconde épouse Jane va se révéler fort accommodante et
accepter plus souvent qu’à son tour de se retrouver dans d’éprouvants ménages à
trois souvent accompagnés d’enfants adultérins, malgré l’utilisation de la
célèbre capote anglaise. Car Wells, à la fois riche et célèbre, devient pour
quantité de jeunes étudiantes, une sorte de gourou sexuel auprès duquel elles
viennent se faire éduquer pour vivre une vie beaucoup plus émancipée et libre
que celles de leurs mères. 

Weels était un type formidable et en même temps doté d’un humour
prodigieux. Savez-vous ce qu’il a fait écrire sur sa tombe&amp;nbsp;? Son
épitaphe&amp;nbsp;? Elle est très belle&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je vous l’avez bien dit,
bande de cons&amp;nbsp;!</description>
<author>podcast@radiofrance.com</author>
<category >Arts Literature</category>
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<pubDate>Sat, 04 Feb 2012 05:56:00 +0100</pubDate>
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&amp;nbsp;Il y a une citation
d’un chanteur américain hélas décédé, Warren Zevon, qui dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;On
achète des livres parce qu’on pense qu’en les achetant, on achète le temps de
les lire&amp;nbsp;». C’est tellement vrai… Toujours est-il qu’il vous faudra
quelques jours pour lire «&amp;nbsp;Un homme de tempérament&amp;nbsp;» de David
Lodge... Et encore, en vous consacrant quasiment qu’à cette lecture, en étant
en vacances. Mais&amp;nbsp;: ayant fait pour ma part cette expérience, je peux vous
en dire plusieurs choses. D’abord vous passerez un bon moment, car Lodge a pris
le parti d’écrire une biographie romancée de Lodge. Qu’est-ce que ça veut dire,
ici, romancée&amp;nbsp;? Eh bien, ça veut dire qu’il met en scène la vie de Wells,
qu’il vous épargne les détails inutiles dont les biographes sont rarement
avares, toujours ravis qu’ils sont de retrouver une note de teinturerie de leur
cher sujet. Alors vous me direz peut-être&amp;nbsp;: quand même, sept cent pages,
Lodge n’a pas dû compresser quand même beaucoup… C’est qu’on découvre ici que
Wells était un personnage tout à fait extraordinaire. Un génie. Et pas
seulement de la littérature, lui qui a écrit «&amp;nbsp;La guerre des mondes&amp;nbsp;»
et «&amp;nbsp;L’Ile du docteur Moreau&amp;nbsp;» au milieu de cent autres livres,
romans ou essais. Wells est un homme curieux de tout, on pourrait le comparer à
Anatole France qui était d’ailleurs son ami. Avec un côté prophétique. Il a en
1900 l’idée du char d’assaut, ce dont le remerciera Winston Churchill en 1917,
à la fin de la Première guerre mondiale. Un peu plus tard, il écrit un roman où
Paris est détruite avec une bombe atomique&amp;nbsp;! C’est un visionnaire.
Politiquement, il est socialiste, il rêve d’un gouvernement mondial, et
militera pour la Société des&amp;nbsp;Nations pendant la Seconde guerre mondiale.
Mais sa grande affaire, c’est…. Le sexe.

Entre deux romans et essais qu’il écrit, passez-moi
l’expression, comme vache qui pisse, sans toujours les soigner d’ailleurs, car
pour lui la littérature est aux services de ses idées, juste un véhicule dont
il se soucie guère de la carrosserie, entre deux livres Wells a besoin de sexe.
De beaucoup de sexe. Et dans cette société victorienne puritaine et corsetée,
il se fait dans quantité de romans le chantre de l’amour libre, hors du
mariage, le chantre de l’épanouissement sexuel, le sexe qu’il considère comme
un sport et un passe temps. Le problème, raconte Lodge, c’est que Wells se
marie avec des femmes qui ne sont pas très portées sur la chose. Fort
heureusement, sa seconde épouse Jane va se révéler fort accommodante et
accepter plus souvent qu’à son tour de se retrouver dans d’éprouvants ménages à
trois souvent accompagnés d’enfants adultérins, malgré l’utilisation de la
célèbre capote anglaise. Car Wells, à la fois riche et célèbre, devient pour
quantité de jeunes étudiantes, une sorte de gourou sexuel auprès duquel elles
viennent se faire éduquer pour vivre une vie beaucoup plus émancipée et libre
que celles de leurs mères. 

Weels était un type formidable et en même temps doté d’un humour
prodigieux. Savez-vous ce qu’il a fait écrire sur sa tombe&amp;nbsp;? Son
épitaphe&amp;nbsp;? Elle est très belle&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je vous l’avez bien dit,
bande de cons&amp;nbsp;!</itunes:summary>
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<item>
<title>« Le fils oublié de Trotsky » de Jean-Jacques Marie </title>
<link>http://www.radiofrance.fr/</link>
<description>durée : 00:04:09 - Un livre sous le bras - Le fils oublié de Trotsky 
©&amp;nbsp; 
Léon Trotsky avait deux grandes filles d’un premier mariage,
puis a eu deux fils avec sa seconde épouse, Natalia. L’aîné qui se prénommait
lui aussi Léon est tout aussi politique que son père, il le suivit en exil dès
1929, et il fut assassiné dans une clinique parisienne par la police politique
de Staline, dans des circonstances fort bien relatées dans ce livre (de même que
Jean-Jacques raconte minutieusement l’assassinat trois ans plus tard, au
Mexique, de son père, par le perfide Ramon Mercader, d’un coup de pic à glace).
Mais le sujet principal de cet ouvrage, c’est le fils cadet qui se prénommait
Serge, le fils oublié, donc. C’et un personnage très attachant, un brin
lunaire, poète à ses heures, qui a même été un temps acrobate dans un cirque.
Il ne s’intéresse pas du tout à la politique, et fort de cela, refuse de suivre
ses parents en exil. Il devient ingénieur, écrit un ouvrage sur les moteurs
gazogènes, sa spécialité. Puis en 1938, un héros de la Révolution, membre du
Comité Central, Serguei Kirov est assassiné. Difficile de savoir si Staline a
commandité ou non ce meurtre (Kirov a été assassiné par un jeune homme dont
l’épouse entretient une liaison avec Kirov), Jean-Jacques Marie ne se prononce
pas sur ce point. Toujours est-il que ce meurtre marque le début de la première
grande purge stalinienne (il y en aura une seconde après la Seconde guerre
mondiale cette fois dirigée contre les Juifs) où 750 000 hommes femmes et
enfants perdront la vie en un an et demi. Les trotskystes sont les premiers
visés. Et Serge Trotsky est arrêté…

Au début ce n’est pas trop grave, si l’on peut dire. Le fils
cadet de Trotsky est simplement assigné à résidence très loin de Moscou dans
une petite bourgade boueuse de Sibérie. Il n’est pas au goulag, il n’est pas
emprisonné. Mais c’est grave pour lui, car Serge vient de tomber follement
amoureux d’une jeune femme qui s’appelle Henriette Rubinstein. Et le chapitre
le plus touchant du livre de Jean-Jacques est à coup sûr celui où il narre les
échanges épistolaires entre Serge et sa chérie. Il lui écrit par exemple&amp;nbsp;:
«&amp;nbsp;Arrive&amp;nbsp;! J’ai complètement oublié le goût de tes oreilles&amp;nbsp;».
C’est mignon, non&amp;nbsp;?

Et Henriette va venir. Elle le rejoint en Sibérie où elle va
tomber enceinte de lui. Pendant un moment, ça va mieux. Serge trouve du travail
dans une usine où le directeur a justement besoin d’un ingénieur spécialisé
comme lui dans les moteurs gazogènes. Mais voilà&amp;nbsp;: un jour il y a un
accident, une fuite de gaz dans l’usine, et Serge est accusé d’avoir comploté
un attentat. Il est envoyé au goulag dans un des pires camps où il fera la
grève de la faim, avant d’être fusillé. Le directeur de son usine, qui le
défend, sera fusillé. Henriette, après avoir accouché à Moscou, sera déportée
au goulag dont elle ne sortira qu’après la mort de Staline en 1953. Tous ceux
qui, de près ou de loin, ont un lien avec Trotsky sont éliminés. Jean-Jacques
raconte ainsi que la nounou d’une petite-fille de Trotsky sera éliminée pour
cette simple raison…

﻿</description>
<author>podcast@radiofrance.com</author>
<category >Arts Literature</category>
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<pubDate>Sat, 21 Jan 2012 05:56:00 +0100</pubDate>
<podcastRF:businessReference>12947</podcastRF:businessReference><itunes:author>Radio France</itunes:author>
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©&amp;nbsp; 
Léon Trotsky avait deux grandes filles d’un premier mariage,
puis a eu deux fils avec sa seconde épouse, Natalia. L’aîné qui se prénommait
lui aussi Léon est tout aussi politique que son père, il le suivit en exil dès
1929, et il fut assassiné dans une clinique parisienne par la police politique
de Staline, dans des circonstances fort bien relatées dans ce livre (de même que
Jean-Jacques raconte minutieusement l’assassinat trois ans plus tard, au
Mexique, de son père, par le perfide Ramon Mercader, d’un coup de pic à glace).
Mais le sujet principal de cet ouvrage, c’est le fils cadet qui se prénommait
Serge, le fils oublié, donc. C’et un personnage très attachant, un brin
lunaire, poète à ses heures, qui a même été un temps acrobate dans un cirque.
Il ne s’intéresse pas du tout à la politique, et fort de cela, refuse de suivre
ses parents en exil. Il devient ingénieur, écrit un ouvrage sur les moteurs
gazogènes, sa spécialité. Puis en 1938, un héros de la Révolution, membre du
Comité Central, Serguei Kirov est assassiné. Difficile de savoir si Staline a
commandité ou non ce meurtre (Kirov a été assassiné par un jeune homme dont
l’épouse entretient une liaison avec Kirov), Jean-Jacques Marie ne se prononce
pas sur ce point. Toujours est-il que ce meurtre marque le début de la première
grande purge stalinienne (il y en aura une seconde après la Seconde guerre
mondiale cette fois dirigée contre les Juifs) où 750 000 hommes femmes et
enfants perdront la vie en un an et demi. Les trotskystes sont les premiers
visés. Et Serge Trotsky est arrêté…

Au début ce n’est pas trop grave, si l’on peut dire. Le fils
cadet de Trotsky est simplement assigné à résidence très loin de Moscou dans
une petite bourgade boueuse de Sibérie. Il n’est pas au goulag, il n’est pas
emprisonné. Mais c’est grave pour lui, car Serge vient de tomber follement
amoureux d’une jeune femme qui s’appelle Henriette Rubinstein. Et le chapitre
le plus touchant du livre de Jean-Jacques est à coup sûr celui où il narre les
échanges épistolaires entre Serge et sa chérie. Il lui écrit par exemple&amp;nbsp;:
«&amp;nbsp;Arrive&amp;nbsp;! J’ai complètement oublié le goût de tes oreilles&amp;nbsp;».
C’est mignon, non&amp;nbsp;?

Et Henriette va venir. Elle le rejoint en Sibérie où elle va
tomber enceinte de lui. Pendant un moment, ça va mieux. Serge trouve du travail
dans une usine où le directeur a justement besoin d’un ingénieur spécialisé
comme lui dans les moteurs gazogènes. Mais voilà&amp;nbsp;: un jour il y a un
accident, une fuite de gaz dans l’usine, et Serge est accusé d’avoir comploté
un attentat. Il est envoyé au goulag dans un des pires camps où il fera la
grève de la faim, avant d’être fusillé. Le directeur de son usine, qui le
défend, sera fusillé. Henriette, après avoir accouché à Moscou, sera déportée
au goulag dont elle ne sortira qu’après la mort de Staline en 1953. Tous ceux
qui, de près ou de loin, ont un lien avec Trotsky sont éliminés. Jean-Jacques
raconte ainsi que la nounou d’une petite-fille de Trotsky sera éliminée pour
cette simple raison…

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