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<title>L'édito politique</title>
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<description>Le fait politique du jour</description>
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<title>L'édito politique</title>
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<title>L'Edito 03.02.2012</title>
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<description>durée : 00:03:06 - L'édito politique - </description>
<author>podcast@radiofrance.com</author>
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<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 07:46:00 +0100</pubDate>
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<title>Marine Le Pen et la &quot;dédiabolisation&quot; du FN</title>
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<description>durée : 00:03:13 - L'édito politique - Il semblerait que la
stratégie de «&amp;nbsp;dédiabolisation&amp;nbsp;» de&amp;nbsp;
Marine Le Pen connaisse quelques petits ratés en ce moment…

On dirait…Quand Marine Le Pen
se sent obligée de nous rappeler, comme hier, qu’elle pense que le nazisme est une
abomination, c’est qu’il y a un souci, effectivement&amp;nbsp;! Nous en avions eu
un avant-goût la semaine dernière ici même, puis sur le site Rue 89, la
candidate de FN comparait le planning familial à un centre d’incitation à
l’avortement&amp;nbsp;! Et puis… et puis, il y a eu ce bal, en Autriche…Jean-Marie
et Marine Le Pen, se sont rendus à la fête annuelle d’une association
d’étudiants d’extrême-droite, antisémite. En quelques jours, Marine Le Pen, qui
avait peu ou prou réussi à «&amp;nbsp;dédiaboliser&amp;nbsp;» son nom (sans toutefois
l’angéliser non plus) a brisé une stratégie qui portait ses fruits. Personne ne
peut dire si cette série d’outrances lui sera préjudiciable ou pas. Tout au
plus, ça permet de confirmer que la «&amp;nbsp;dédiabolisation&amp;nbsp;» était bien un
vernis. Un vernis de mauvaise qualité qui ne supporte pas les intempéries de la
campagne. La «&amp;nbsp;diabolisation&amp;nbsp;» du Front national est une invention de
Jean-Marie Le Pen. Dans les années 80 il dénonçait un procès en sorcellerie que
lui auraient fait la presse, les «&amp;nbsp;droits-de-l’hommistes et la bandes des quatre&amp;nbsp;grands
partis». Cette diabolisation autoproclamée lui permettait d’apparaître comme le
candidat antisystème. Un mot très en vogue en ce moment chez tous les candidats
qui ne sont pas en tête dans les sondages. Concept inventé par Pierre Poujade
dans les années 50. L’idée étant de représenter le pays réel, la «&amp;nbsp;France
qui se tait&amp;nbsp;» face à une élite (le système) déconnectée.

&amp;nbsp;

La diabolisation a d’abord
été efficace pour le FN.

&amp;nbsp;

Oui, en fait ce fut même son
carburant. Le moteur c’était la crise et la monté des exaspérations populaires.
Plus il était critiqué par «&amp;nbsp;l’establishment&amp;nbsp;»&amp;nbsp; (c'est-à-dire les clercs du système) plus il
progressait dans les urnes. Seulement ce carburant avait un effet secondaire.
Il renforçait le mur qui séparait le FN du reste de la droite républicaine. L’UDF
et le RPR répugnaient à pactiser avec un négationniste. Finalement, la
diabolisation permettait au FN d’être fort mais c’était une force inutile
puisqu’aucune alliance n’était possible. Une force sans rapports de
force&amp;nbsp;! Marine Le Pen, qui n’a pas les obsessions néo-pétainistes de son
père, avait donc décidé qu’il fallait «&amp;nbsp;dé-diaboliser&amp;nbsp;» le FN. Pour
cela, il fallait d’abord le républicaniser et le laïciser. Tout simplement
parce que c’est l’ADN de la France et que pour espérer gouverner un jour, il
faut être (ou se dire) républicain et laïc. C’est une première étape
essentielle pour prétendre briser le mur qui sépare son parti de l’UMP. La
seconde étape ne peut se réaliser que si la gauche gagne en mai et si l’UMP se
délite. Mais ce chemin suppose une maîtrise totale du processus de
dédiabolisation. Mais en ce moment nous assistons plutôt à une «&amp;nbsp;re-diabolisation&amp;nbsp;».
Jean-Marie Le Pen en est encore la cause. Il est là, derrière, et il semble
prendre un malin plaisir à glisser un coussin péteur sous le séant de sa fille
dès qu’elle tente de s’asseoir à la table des partis respectables. (Le bal des
nazillons de Vienne où il l’a entraîné en est le dernier exemple). Il ne faut
pas oublier que Jean-Marie Le Pen n’aime pas le pouvoir, lui. Son héros
mythique n’est pas un homme d’Etat, c’est Cadoudal, ce terroriste royaliste
provocateur qui tenta de tuer Napoléon. Il y a fort à parier que tant que Le
Pen-père restera en activité, Le Pen-fille restera loin du pouvoir.</description>
<author>podcast@radiofrance.com</author>
<category >News &amp; Politics </category>
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<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 07:46:00 +0100</pubDate>
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<itunes:summary>durée : 00:03:13 - Il semblerait que la
stratégie de «&amp;nbsp;dédiabolisation&amp;nbsp;» de&amp;nbsp;
Marine Le Pen connaisse quelques petits ratés en ce moment…

On dirait…Quand Marine Le Pen
se sent obligée de nous rappeler, comme hier, qu’elle pense que le nazisme est une
abomination, c’est qu’il y a un souci, effectivement&amp;nbsp;! Nous en avions eu
un avant-goût la semaine dernière ici même, puis sur le site Rue 89, la
candidate de FN comparait le planning familial à un centre d’incitation à
l’avortement&amp;nbsp;! Et puis… et puis, il y a eu ce bal, en Autriche…Jean-Marie
et Marine Le Pen, se sont rendus à la fête annuelle d’une association
d’étudiants d’extrême-droite, antisémite. En quelques jours, Marine Le Pen, qui
avait peu ou prou réussi à «&amp;nbsp;dédiaboliser&amp;nbsp;» son nom (sans toutefois
l’angéliser non plus) a brisé une stratégie qui portait ses fruits. Personne ne
peut dire si cette série d’outrances lui sera préjudiciable ou pas. Tout au
plus, ça permet de confirmer que la «&amp;nbsp;dédiabolisation&amp;nbsp;» était bien un
vernis. Un vernis de mauvaise qualité qui ne supporte pas les intempéries de la
campagne. La «&amp;nbsp;diabolisation&amp;nbsp;» du Front national est une invention de
Jean-Marie Le Pen. Dans les années 80 il dénonçait un procès en sorcellerie que
lui auraient fait la presse, les «&amp;nbsp;droits-de-l’hommistes et la bandes des quatre&amp;nbsp;grands
partis». Cette diabolisation autoproclamée lui permettait d’apparaître comme le
candidat antisystème. Un mot très en vogue en ce moment chez tous les candidats
qui ne sont pas en tête dans les sondages. Concept inventé par Pierre Poujade
dans les années 50. L’idée étant de représenter le pays réel, la «&amp;nbsp;France
qui se tait&amp;nbsp;» face à une élite (le système) déconnectée.

&amp;nbsp;

La diabolisation a d’abord
été efficace pour le FN.

&amp;nbsp;

Oui, en fait ce fut même son
carburant. Le moteur c’était la crise et la monté des exaspérations populaires.
Plus il était critiqué par «&amp;nbsp;l’establishment&amp;nbsp;»&amp;nbsp; (c'est-à-dire les clercs du système) plus il
progressait dans les urnes. Seulement ce carburant avait un effet secondaire.
Il renforçait le mur qui séparait le FN du reste de la droite républicaine. L’UDF
et le RPR répugnaient à pactiser avec un négationniste. Finalement, la
diabolisation permettait au FN d’être fort mais c’était une force inutile
puisqu’aucune alliance n’était possible. Une force sans rapports de
force&amp;nbsp;! Marine Le Pen, qui n’a pas les obsessions néo-pétainistes de son
père, avait donc décidé qu’il fallait «&amp;nbsp;dé-diaboliser&amp;nbsp;» le FN. Pour
cela, il fallait d’abord le républicaniser et le laïciser. Tout simplement
parce que c’est l’ADN de la France et que pour espérer gouverner un jour, il
faut être (ou se dire) républicain et laïc. C’est une première étape
essentielle pour prétendre briser le mur qui sépare son parti de l’UMP. La
seconde étape ne peut se réaliser que si la gauche gagne en mai et si l’UMP se
délite. Mais ce chemin suppose une maîtrise totale du processus de
dédiabolisation. Mais en ce moment nous assistons plutôt à une «&amp;nbsp;re-diabolisation&amp;nbsp;».
Jean-Marie Le Pen en est encore la cause. Il est là, derrière, et il semble
prendre un malin plaisir à glisser un coussin péteur sous le séant de sa fille
dès qu’elle tente de s’asseoir à la table des partis respectables. (Le bal des
nazillons de Vienne où il l’a entraîné en est le dernier exemple). Il ne faut
pas oublier que Jean-Marie Le Pen n’aime pas le pouvoir, lui. Son héros
mythique n’est pas un homme d’Etat, c’est Cadoudal, ce terroriste royaliste
provocateur qui tenta de tuer Napoléon. Il y a fort à parier que tant que Le
Pen-père restera en activité, Le Pen-fille restera loin du pouvoir.</itunes:summary>
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<item>
<title>Sarkozy, victime des journalistes?</title>
<link>http://www.franceinter.com</link>
<description>durée : 00:02:54 - L'édito politique - Hier, Nicolas Sarkozy
présentait ses vœux à la presse et le Président, dans un discours caustique,
s’est présenté en victime des journalistes.

&amp;nbsp;

Oui, Nicolas Sarkozy pense
qu’il a la presse contre lui. Mais la question n’est pas de savoir si l’on aime
ou pas Nicolas Sarkozy, ni même si l’on est d’accord avec sa politique. Le
problème -parce qu’effectivement il y a un- c’est la façon de communiquer du
chef de l’Etat qui a placé les journalistes au centre d’une guerre entre
l’information et la communication. Ce qui a nourri les hostilités c’est d’abord
cette stratégie en début de mandat de multiplication d’annonces, de préférence
polémiques, pour occuper l’espace médiatique. La stratégie, dite du
«&amp;nbsp;tapis de bombe&amp;nbsp;» était d’ailleurs tout à fait assumée. Pour tout,
dire la presse a souvent eu l’impression de se faire «&amp;nbsp;balader&amp;nbsp;». Le
Président avait promis une communication plus transparente avec un porte-parole,
des conférences de presse ouvertes, la participation à des émissions de radio
ou de télé non spécifiques, comme pour tous les chefs d’exécutif de pays
démocratiques. Et ça n’a pas été le cas. Il y a eu ce sentiment, ressenti par
les journalistes que le Président était ami avec les patrons et stars de la
presse mais n’avait pas respecté sa promesse de modernisation de la
communication élyséenne.

&amp;nbsp;

Donc il y a bien quelque
chose de brouillé entre la presse et le Président&amp;nbsp;?

&amp;nbsp;

Oui, et la nomination directe
des patrons de l’audiovisuel public a été très mal été vécue. Cet anachronisme
n’a pas eu d’effet sur l’indépendance des chaînes en question, chacun peut en
juger, mais c’est le regard des auditeurs et des téléspectateurs sur nous qui a
été altéré. Notre profession n’est pas aimée et ça ne l’a pas aidé. Cependant,
nos relations tumultueuses avec le pouvoir ne doivent pas se traduire par un
surcroît de critiques sur l’ensemble de la politique de celui-ci… Mais Nicolas
Sarkozy ne fait pas une bonne analyse, me semble-t-il, des répercutions de la
profonde mutation de la presse, ces dernières années. Via internet et le
numérique, l’ensemble de la population a accès à une bonne partie de la matière
première de notre métier. Toute parole politique est accessible et stockable
par tous. Notre métier doit donc proposer autre chose, en plus, en mieux,
dépasser la collecte et l’analyse. Nous avons subi l’influence bénéfique de nos
confrères anglo-saxons. L’investigation retrouve des couleurs et la technique
dite du fact-cheking (la vérification des faits et des dires) se généralise. La
presse d’aujourd’hui n’hésite pas à dire, le lendemain, le surlendemain d’une
émission ou d’un discours, d’une annonce, ce qui est faux, ce qui est exagéré.
Et c’est vrai, ça ne se faisait pas avec ce systématisme pour François
Mitterrand et Jacques Chirac. Du coup, Nicolas Sarkozy, qui dans sa vie
politique a beaucoup parlé, beaucoup affirmé, beaucoup promis est la première
victime du fact-checking. La presse est d’autant plus motivée pour appliquer
cette méthode au discours de Nicolas Sarkozy, que depuis cinq ans, celui-ci ne
s’est jamais trouvé en confrontation directe et argumentée face à un opposant
ou à des journalistes en situation de répliquer. Contrairement à ses homologues
européens qui doivent affronter publiquement leurs parlements et leur presse
régulièrement, le président français est protégé par une forme de monologue
hyper sécurisé qui crée une tension avec la presse. Il ne s’agit donc pas un d’un
«&amp;nbsp;je t’aime, moi non plus&amp;nbsp;» ou d’une tension politique mais d’un
défaut démocratique, d’une habitude monarchique entretenue.</description>
<author>podcast@radiofrance.com</author>
<category >News &amp; Politics </category>
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<pubDate>Wed, 01 Feb 2012 07:46:00 +0100</pubDate>
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<itunes:summary>durée : 00:02:54 - Hier, Nicolas Sarkozy
présentait ses vœux à la presse et le Président, dans un discours caustique,
s’est présenté en victime des journalistes.

&amp;nbsp;

Oui, Nicolas Sarkozy pense
qu’il a la presse contre lui. Mais la question n’est pas de savoir si l’on aime
ou pas Nicolas Sarkozy, ni même si l’on est d’accord avec sa politique. Le
problème -parce qu’effectivement il y a un- c’est la façon de communiquer du
chef de l’Etat qui a placé les journalistes au centre d’une guerre entre
l’information et la communication. Ce qui a nourri les hostilités c’est d’abord
cette stratégie en début de mandat de multiplication d’annonces, de préférence
polémiques, pour occuper l’espace médiatique. La stratégie, dite du
«&amp;nbsp;tapis de bombe&amp;nbsp;» était d’ailleurs tout à fait assumée. Pour tout,
dire la presse a souvent eu l’impression de se faire «&amp;nbsp;balader&amp;nbsp;». Le
Président avait promis une communication plus transparente avec un porte-parole,
des conférences de presse ouvertes, la participation à des émissions de radio
ou de télé non spécifiques, comme pour tous les chefs d’exécutif de pays
démocratiques. Et ça n’a pas été le cas. Il y a eu ce sentiment, ressenti par
les journalistes que le Président était ami avec les patrons et stars de la
presse mais n’avait pas respecté sa promesse de modernisation de la
communication élyséenne.

&amp;nbsp;

Donc il y a bien quelque
chose de brouillé entre la presse et le Président&amp;nbsp;?

&amp;nbsp;

Oui, et la nomination directe
des patrons de l’audiovisuel public a été très mal été vécue. Cet anachronisme
n’a pas eu d’effet sur l’indépendance des chaînes en question, chacun peut en
juger, mais c’est le regard des auditeurs et des téléspectateurs sur nous qui a
été altéré. Notre profession n’est pas aimée et ça ne l’a pas aidé. Cependant,
nos relations tumultueuses avec le pouvoir ne doivent pas se traduire par un
surcroît de critiques sur l’ensemble de la politique de celui-ci… Mais Nicolas
Sarkozy ne fait pas une bonne analyse, me semble-t-il, des répercutions de la
profonde mutation de la presse, ces dernières années. Via internet et le
numérique, l’ensemble de la population a accès à une bonne partie de la matière
première de notre métier. Toute parole politique est accessible et stockable
par tous. Notre métier doit donc proposer autre chose, en plus, en mieux,
dépasser la collecte et l’analyse. Nous avons subi l’influence bénéfique de nos
confrères anglo-saxons. L’investigation retrouve des couleurs et la technique
dite du fact-cheking (la vérification des faits et des dires) se généralise. La
presse d’aujourd’hui n’hésite pas à dire, le lendemain, le surlendemain d’une
émission ou d’un discours, d’une annonce, ce qui est faux, ce qui est exagéré.
Et c’est vrai, ça ne se faisait pas avec ce systématisme pour François
Mitterrand et Jacques Chirac. Du coup, Nicolas Sarkozy, qui dans sa vie
politique a beaucoup parlé, beaucoup affirmé, beaucoup promis est la première
victime du fact-checking. La presse est d’autant plus motivée pour appliquer
cette méthode au discours de Nicolas Sarkozy, que depuis cinq ans, celui-ci ne
s’est jamais trouvé en confrontation directe et argumentée face à un opposant
ou à des journalistes en situation de répliquer. Contrairement à ses homologues
européens qui doivent affronter publiquement leurs parlements et leur presse
régulièrement, le président français est protégé par une forme de monologue
hyper sécurisé qui crée une tension avec la presse. Il ne s’agit donc pas un d’un
«&amp;nbsp;je t’aime, moi non plus&amp;nbsp;» ou d’une tension politique mais d’un
défaut démocratique, d’une habitude monarchique entretenue.</itunes:summary>
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<item>
<title>Le piranha et le poisson rouge</title>
<link>http://www.franceinter.com</link>
<description>durée : 00:03:16 - L'édito politique - Vous revenez ce matin sur
le terme de «&amp;nbsp;TVA sociale&amp;nbsp;». Terme que le Président refuse de
prononcer…

&amp;nbsp;

Et pourtant qu’il a, bien sûr,
prononcé à de multiples reprises, comme tout le monde, par le passé. Le terme TVA sociale désigne donc cet
impôt indirect destiné à financer la protection sociale en lieu et place d’une
partie des cotisations payées par les entreprises. Du coup, cette idée née dans
des cerveaux de parlementaires de la commission des finances du Sénat, entre
2005 et 2007 avait été appelée TVA sociale&amp;nbsp;! C’était une jolie trouvaille,
une façon d’associer deux mots qui se neutralisaient. Le mot «&amp;nbsp;sociale&amp;nbsp;»
adoucissait l’acronyme TVA, impôt indirect donc injuste. Mais, alors que le
candidat Sarkozy de 2007 avait envisagé d’expérimenter cette taxe, le président
Sarkozy, n’écoutant que son courage qui, visiblement ne lui disait pas encore
de l’instaurer, s’est empressé de l’oublier dès son élection et après un rapport
en forme de pierre tombale commandé à Eric Besson. Il faut dire qu’entre les
deux tours des législatives de juin 2007, dans un débat télévisé, Jean-Louis
Borloo avait gaffé en expliquant que le prochain gouvernement pourrait
instaurer la TVA sociale. Lors du deuxième tour des législatives le PS avait
limité la casse. L’UMP obtenait une trentaine de députés de moins que prévu.
Furieux, François Fillon avait considéré que c’était l’évocation intempestive
de la TVA sociale par Borloo qui avait coûté ces trente députés&amp;nbsp;à la
majorité. Le terme de TVA Sociale était du coup souillé, c’était la marque de
la défaite. Voilà pourquoi, quand le Président a décidé, ces dernières
semaines, d’instaurer cet impôt, il a aussi décidé qu’il ne fallait plus dire
«&amp;nbsp;TVA sociale&amp;nbsp;». Il fallait lui trouver une autre appellation à base
de «&amp;nbsp;contribution&amp;nbsp;», au lieu de «&amp;nbsp;taxe&amp;nbsp;», et de «&amp;nbsp;solidarité&amp;nbsp;»,
de «&amp;nbsp;compétitivité&amp;nbsp;», bref, plein de chouettes mots positifs&amp;nbsp;!

&amp;nbsp;

Mais, encore raté&amp;nbsp;:
le gouvernement n’a pas réussi à éviter le terme.

&amp;nbsp;

Non et la fautive, cette fois
ci c’est Valérie Pécresse, ministre du budget. Elle a ressorti le terme au
grand dam du Président qui rame maintenant pour imposer ses
«&amp;nbsp;contributions&amp;nbsp;» et ses «&amp;nbsp;compétitivités&amp;nbsp;». La défaite est
sémantique donc politique. Le PS veut pousser son avantage en tentant d’imposer
le terme de «&amp;nbsp;TVA Sarkozy&amp;nbsp;». Là, c’est un peu lourdingue et ça n’a
pas dépassé le stade de la polémique… personne ne l’a repris. Les mots, en
politique, parfois changent de connotation. Il ne faut pas se laisser
surprendre. Il y a plusieurs exemples de batailles sémantiques gagnées ou
perdues dans l’actualité récente. On a beaucoup commenté l’évolution du mot
«&amp;nbsp;rigueur&amp;nbsp;». Mais le plus gros ratage sémantique du quinquennat reste
c’est celui du «&amp;nbsp;bouclier fiscal&amp;nbsp;». Ce mot à connotation protectrice
avait été inventé, au départ, par Jacques Chirac pour une disposition fiscale
qui protégeait les petites entreprises. Nicolas Sarkozy l’a repris pour décrire
un principe selon lequel personne ne doit payer plus de 50% de ce qu’il gagne.
Le mot bouclier allait très bien avec le concept du «&amp;nbsp;travailler plus pour
gagner plus&amp;nbsp;»&amp;nbsp;; on travaillait plus et on était protégé par un
bouclier. Seulement voilà, à l’usage, on s’est aperçu que le bouclier
protégeait surtout les plus riches… Le méchant mot «&amp;nbsp;fiscal&amp;nbsp;» a fini
par manger le gentil mot «&amp;nbsp;bouclier&amp;nbsp;», comme le gentil mot
«&amp;nbsp;sociale&amp;nbsp;» s’est fait dévoré par l’horrible «&amp;nbsp;TVA&amp;nbsp;». En
politique les mots sont vivants et plus ou moins féroces entre eux. La
politique c’est un peu comme l’aquaculture&amp;nbsp;: on ne met pas un piranha dans
le même bocal qu’un poisson rouge&amp;nbsp;!</description>
<author>podcast@radiofrance.com</author>
<category >News &amp; Politics </category>
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<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 07:46:00 +0100</pubDate>
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le terme de «&amp;nbsp;TVA sociale&amp;nbsp;». Terme que le Président refuse de
prononcer…

&amp;nbsp;

Et pourtant qu’il a, bien sûr,
prononcé à de multiples reprises, comme tout le monde, par le passé. Le terme TVA sociale désigne donc cet
impôt indirect destiné à financer la protection sociale en lieu et place d’une
partie des cotisations payées par les entreprises. Du coup, cette idée née dans
des cerveaux de parlementaires de la commission des finances du Sénat, entre
2005 et 2007 avait été appelée TVA sociale&amp;nbsp;! C’était une jolie trouvaille,
une façon d’associer deux mots qui se neutralisaient. Le mot «&amp;nbsp;sociale&amp;nbsp;»
adoucissait l’acronyme TVA, impôt indirect donc injuste. Mais, alors que le
candidat Sarkozy de 2007 avait envisagé d’expérimenter cette taxe, le président
Sarkozy, n’écoutant que son courage qui, visiblement ne lui disait pas encore
de l’instaurer, s’est empressé de l’oublier dès son élection et après un rapport
en forme de pierre tombale commandé à Eric Besson. Il faut dire qu’entre les
deux tours des législatives de juin 2007, dans un débat télévisé, Jean-Louis
Borloo avait gaffé en expliquant que le prochain gouvernement pourrait
instaurer la TVA sociale. Lors du deuxième tour des législatives le PS avait
limité la casse. L’UMP obtenait une trentaine de députés de moins que prévu.
Furieux, François Fillon avait considéré que c’était l’évocation intempestive
de la TVA sociale par Borloo qui avait coûté ces trente députés&amp;nbsp;à la
majorité. Le terme de TVA Sociale était du coup souillé, c’était la marque de
la défaite. Voilà pourquoi, quand le Président a décidé, ces dernières
semaines, d’instaurer cet impôt, il a aussi décidé qu’il ne fallait plus dire
«&amp;nbsp;TVA sociale&amp;nbsp;». Il fallait lui trouver une autre appellation à base
de «&amp;nbsp;contribution&amp;nbsp;», au lieu de «&amp;nbsp;taxe&amp;nbsp;», et de «&amp;nbsp;solidarité&amp;nbsp;»,
de «&amp;nbsp;compétitivité&amp;nbsp;», bref, plein de chouettes mots positifs&amp;nbsp;!

&amp;nbsp;

Mais, encore raté&amp;nbsp;:
le gouvernement n’a pas réussi à éviter le terme.

&amp;nbsp;

Non et la fautive, cette fois
ci c’est Valérie Pécresse, ministre du budget. Elle a ressorti le terme au
grand dam du Président qui rame maintenant pour imposer ses
«&amp;nbsp;contributions&amp;nbsp;» et ses «&amp;nbsp;compétitivités&amp;nbsp;». La défaite est
sémantique donc politique. Le PS veut pousser son avantage en tentant d’imposer
le terme de «&amp;nbsp;TVA Sarkozy&amp;nbsp;». Là, c’est un peu lourdingue et ça n’a
pas dépassé le stade de la polémique… personne ne l’a repris. Les mots, en
politique, parfois changent de connotation. Il ne faut pas se laisser
surprendre. Il y a plusieurs exemples de batailles sémantiques gagnées ou
perdues dans l’actualité récente. On a beaucoup commenté l’évolution du mot
«&amp;nbsp;rigueur&amp;nbsp;». Mais le plus gros ratage sémantique du quinquennat reste
c’est celui du «&amp;nbsp;bouclier fiscal&amp;nbsp;». Ce mot à connotation protectrice
avait été inventé, au départ, par Jacques Chirac pour une disposition fiscale
qui protégeait les petites entreprises. Nicolas Sarkozy l’a repris pour décrire
un principe selon lequel personne ne doit payer plus de 50% de ce qu’il gagne.
Le mot bouclier allait très bien avec le concept du «&amp;nbsp;travailler plus pour
gagner plus&amp;nbsp;»&amp;nbsp;; on travaillait plus et on était protégé par un
bouclier. Seulement voilà, à l’usage, on s’est aperçu que le bouclier
protégeait surtout les plus riches… Le méchant mot «&amp;nbsp;fiscal&amp;nbsp;» a fini
par manger le gentil mot «&amp;nbsp;bouclier&amp;nbsp;», comme le gentil mot
«&amp;nbsp;sociale&amp;nbsp;» s’est fait dévoré par l’horrible «&amp;nbsp;TVA&amp;nbsp;». En
politique les mots sont vivants et plus ou moins féroces entre eux. La
politique c’est un peu comme l’aquaculture&amp;nbsp;: on ne met pas un piranha dans
le même bocal qu’un poisson rouge&amp;nbsp;!</itunes:summary>
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<item>
<title>Plomb de chasse et grosse Bertha</title>
<link>http://www.franceinter.com</link>
<description>durée : 00:03:07 - L'édito politique - Vous avez regardé le
président hier et vous n'avez pas bien compris...

&amp;nbsp;

Oui, je n’ai pas bien
compris le statut de ce que je regardais. Le statut de l’émission, le statut de
l’invité et le statut du contenu… Une émission de télévision montée en dépit du
bon sens, avec une première partie économique, avec des journalistes
généralistes, suivie d’une deuxième partie économique avec des journalistes
économiques, interrogeant dans un cadre très officiel un président faisant des
annonces de ministre du budget pour après les élections. Parce que tout ce qui
était annoncé hier au futur simple était en réalité du conditionnel
puisqu’entre aujourd’hui et l’application de ces mesures, il y aura deux
élections&amp;nbsp;: une présidentielle et des législatives&amp;nbsp;! Avec cette
émission, on atteint sans doute la limite des émissions politiques spécifiques,
littéralement coproduites par l’Elysée et les chaînes qui la diffusent. La
confusion était assez générale. Si le Président avait décidé de faire une
communication très officielle, s’il avait voulu, dans un moment
particulièrement dramatique, sur des questions régaliennes essentielles
s’adresser aux Français, on aurait pu comprendre ce cadre élyséen, le décorum
et la posture olympienne. Mais là, Nicolas Sarkozy nous a annoncé l’augmentation
du taux de la TVA de 1,6%, la possibilité d’agrandir nos logements de 30% de la
surface autorisée et la possibilité, pour les entreprises de négocier avec leur
salariés des dérogations aux 35 heures. Ces mesures, très précises, n’auraient jamais
dû faire l’objet d’une telle émission diffusée par six chaines à 20 heures, un
dimanche soir dans un dispositif de mobilisation générale&amp;nbsp;! En Allemagne,
tiens, puisque c’est l’exemple absolu, un tel dispositif médiatique aurait été
strictement impossible&amp;nbsp;!

&amp;nbsp;

Ce qui justifiait cette
forme très solennelle était que le fait que le Président allait demander des efforts aux Français.

&amp;nbsp;

C’est vrai que dans les jours
qui précédaient cette émission, on entendait parler de «&amp;nbsp;courage&amp;nbsp;»,
de mesures difficiles, voire impopulaires. Le fameux «&amp;nbsp;du sang, de la
sueur et des larmes&amp;nbsp;»… Il fallait donc que le président s’en explique avec
toute la gravité requise. Mais finalement ce n’est pas du tout dans cet esprit
là que Nicolas Sarkozy est apparu puisque les trois mesures phares annoncées
hier soir sont censées être parfaitement indolores. La hausse de la TVA
n’entrainera pas de hausse des prix, le président en a pris le pari&amp;nbsp;! Il
ne dit pas «&amp;nbsp;j’augmente un impôt, ce sera difficile mais il faut le
faire&amp;nbsp;», il dit «&amp;nbsp;l’augmentation de la TVA sera sans conséquences sur
les prix&amp;nbsp;». En envoyant du plomb de chasse avec une grosse Bertha
médiatique, il s’agissait sans doute de donner une force particulière à trois
mesures d’adaptation. Ainsi, elles deviendraient polémiques. Notamment la
possibilité d’augmenter de 3O% le coefficient d’occupation des sols qui peut
faire l’objet du courroux des maires, majoritairement de gauche, des
écologistes, qui vont y voir une menace sur la loi littorale et l’environnement.
Le débat, trop axé, ces derniers jours sur les propositions de François
Hollande se déplacerait donc sur celles du Président. Au fond, ce à quoi il
serait amusant d’assister maintenant c’est à la séance du CSA au cours de
laquelle les membres de la Haute Autorité de l’Audiovisuel devront, chronomètre
en main, faire le tri entre ce qui relève de la parole présidentielle et ce qui
doit être décompté du temps de parole de l’éventuel candidat. Dommage qu’Alfred
Jarry ne soit pas membre du CSA.</description>
<author>podcast@radiofrance.com</author>
<category >News &amp; Politics </category>
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<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 07:46:00 +0100</pubDate>
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<itunes:subtitle>Émission du 30.01.2012</itunes:subtitle>
<itunes:summary>durée : 00:03:07 - Vous avez regardé le
président hier et vous n'avez pas bien compris...

&amp;nbsp;

Oui, je n’ai pas bien
compris le statut de ce que je regardais. Le statut de l’émission, le statut de
l’invité et le statut du contenu… Une émission de télévision montée en dépit du
bon sens, avec une première partie économique, avec des journalistes
généralistes, suivie d’une deuxième partie économique avec des journalistes
économiques, interrogeant dans un cadre très officiel un président faisant des
annonces de ministre du budget pour après les élections. Parce que tout ce qui
était annoncé hier au futur simple était en réalité du conditionnel
puisqu’entre aujourd’hui et l’application de ces mesures, il y aura deux
élections&amp;nbsp;: une présidentielle et des législatives&amp;nbsp;! Avec cette
émission, on atteint sans doute la limite des émissions politiques spécifiques,
littéralement coproduites par l’Elysée et les chaînes qui la diffusent. La
confusion était assez générale. Si le Président avait décidé de faire une
communication très officielle, s’il avait voulu, dans un moment
particulièrement dramatique, sur des questions régaliennes essentielles
s’adresser aux Français, on aurait pu comprendre ce cadre élyséen, le décorum
et la posture olympienne. Mais là, Nicolas Sarkozy nous a annoncé l’augmentation
du taux de la TVA de 1,6%, la possibilité d’agrandir nos logements de 30% de la
surface autorisée et la possibilité, pour les entreprises de négocier avec leur
salariés des dérogations aux 35 heures. Ces mesures, très précises, n’auraient jamais
dû faire l’objet d’une telle émission diffusée par six chaines à 20 heures, un
dimanche soir dans un dispositif de mobilisation générale&amp;nbsp;! En Allemagne,
tiens, puisque c’est l’exemple absolu, un tel dispositif médiatique aurait été
strictement impossible&amp;nbsp;!

&amp;nbsp;

Ce qui justifiait cette
forme très solennelle était que le fait que le Président allait demander des efforts aux Français.

&amp;nbsp;

C’est vrai que dans les jours
qui précédaient cette émission, on entendait parler de «&amp;nbsp;courage&amp;nbsp;»,
de mesures difficiles, voire impopulaires. Le fameux «&amp;nbsp;du sang, de la
sueur et des larmes&amp;nbsp;»… Il fallait donc que le président s’en explique avec
toute la gravité requise. Mais finalement ce n’est pas du tout dans cet esprit
là que Nicolas Sarkozy est apparu puisque les trois mesures phares annoncées
hier soir sont censées être parfaitement indolores. La hausse de la TVA
n’entrainera pas de hausse des prix, le président en a pris le pari&amp;nbsp;! Il
ne dit pas «&amp;nbsp;j’augmente un impôt, ce sera difficile mais il faut le
faire&amp;nbsp;», il dit «&amp;nbsp;l’augmentation de la TVA sera sans conséquences sur
les prix&amp;nbsp;». En envoyant du plomb de chasse avec une grosse Bertha
médiatique, il s’agissait sans doute de donner une force particulière à trois
mesures d’adaptation. Ainsi, elles deviendraient polémiques. Notamment la
possibilité d’augmenter de 3O% le coefficient d’occupation des sols qui peut
faire l’objet du courroux des maires, majoritairement de gauche, des
écologistes, qui vont y voir une menace sur la loi littorale et l’environnement.
Le débat, trop axé, ces derniers jours sur les propositions de François
Hollande se déplacerait donc sur celles du Président. Au fond, ce à quoi il
serait amusant d’assister maintenant c’est à la séance du CSA au cours de
laquelle les membres de la Haute Autorité de l’Audiovisuel devront, chronomètre
en main, faire le tri entre ce qui relève de la parole présidentielle et ce qui
doit être décompté du temps de parole de l’éventuel candidat. Dommage qu’Alfred
Jarry ne soit pas membre du CSA.</itunes:summary>
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<item>
<title>Hollande : le message passe</title>
<link>http://www.franceinter.com</link>
<description>durée : 00:03:17 - L'édito politique - Vous avez regardé France 2 hier, et son moment fort&amp;nbsp;: le
débat entre François Hollande et Alain Juppé.

&amp;nbsp;

Pour bien apprécier la qualité de ce débat, j’ai fait un
exercice&amp;nbsp;: je l’ai regardé en me mettant dans la peau de Nicolas Sarkozy,
puis (alternativement, je vous rassure, je suis souple mais pas à ce point&amp;nbsp;!)
dans celle de Jean-Luc Mélenchon. Dans la peau de Nicolas Sarkozy, je me suis
dit que mon adversaire était coriace et que je l’avais peut-être un peu sous
estimé. Je me suis dit aussi que tous ceux qui rêvent dans mon camp de me
dégager pour qu’Alain Juppé soit candidat à ma place vont sans doute réviser
leur jugement. Dans la peau de Mélenchon, je bouillais devant ce combat de
libéraux qui faisaient la course à la meilleure façon de respecter les critères
européens et je me demandais de quoi j’aurais l’air si j’étais ministre de
François Hollande après tout ce que j’ai dit. Dépouillé de l’enveloppe
imaginaire de ces deux personnages je suis enfin redevenu moi-même… Pour
constater que, techniquement, François Hollande avait plutôt dominé un
adversaire, qui de toute évidence, ayant lui-même longtemps été critique sur
certains aspects du sarkozysme, n’était, finalement pas le meilleur avocat de
sa cause. Au-delà de l’émission d'hier soir, tout se passe comme si François
Hollande était en train de réussir à gauche ce que Nicolas Sarkozy avait réussi
à droite en 2007. Le temps des grands hommes capables par leur seul charisme,
leur histoire, de rallier à leur panache blanc ou tricolore, une majorité de
Français, est révolu. Du coup le problème des candidats est de réussir à mettre
en cohérence les contradictions de son camp pour espérer enclencher une
dynamique.

&amp;nbsp;

C’est ce que Nicolas Sarkozy avait fait il y a cinq ans…

Oui, il s’agissait pour lui d’être à la fois bien à droite
pour mobiliser sa base classique et assez social pour séduire les modérés, puis
une partie de la gauche et l’électorat populaire. La difficulté était de faire
disparaître cette idée bien arrêtée selon laquelle la droite n’est pas sociale.
Nicolas Sarkozy y était parvenu en 2007 en réanimant la valeur
«&amp;nbsp;travail&amp;nbsp;». On l’a un peu oublié parce que le bouclier fiscal a été
vite assimilé à un bouclier pour riches mais pendant la campagne de 2007,
l’impression dominante était qu’il protégeait les classes moyennes et que le
«&amp;nbsp;travailler plus pour gagner plus&amp;nbsp;» était fait pour les classes
populaires. Il faut rappeler que le candidat Sarkozy avait promis de ne pas
toucher à la retraite à 60 ans). Grace à un discours volontariste, Nicolas
Sarkozy avait donc réussi à faire coïncider deux cohérences qui n’avaient pas
l’habitude de cohabiter. François Hollande, pour l’instant fait de même. Bien à
gauche sur les valeurs, laïcité, égalité, mais très orthodoxe, très modéré sur
le volet économique…on voulait des chiffres…on en a eu&amp;nbsp;! A l’intérieur
même du volet économique François Hollande conforte la gauche en ponctionnant
les riches et rassure la droite puisque cette ponction n’est pas faite pour
être dispendieusement redistribuée mais, cette fois-ci, pour permettre un
comportement dit vertueux en matière budgétaire. François Hollande fait, à son
tour, coïncider deux logiques qui n’avaient pas l’habitude de voisiner. Si le
message passe, c’est que Hollande 2012, comme Sarkozy 2007 arrivent par leur
capacité d’entraînement et une campagne méticuleusement préparée à rassurer un
peuple aussi politique que le peuple français sur l’idée selon laquelle…
justement la politique peut encore avoir prise sur l’économie.</description>
<author>podcast@radiofrance.com</author>
<category >News &amp; Politics </category>
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<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 07:46:00 +0100</pubDate>
<podcastRF:businessReference>10762</podcastRF:businessReference><itunes:author>Radio France</itunes:author>
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débat entre François Hollande et Alain Juppé.

&amp;nbsp;

Pour bien apprécier la qualité de ce débat, j’ai fait un
exercice&amp;nbsp;: je l’ai regardé en me mettant dans la peau de Nicolas Sarkozy,
puis (alternativement, je vous rassure, je suis souple mais pas à ce point&amp;nbsp;!)
dans celle de Jean-Luc Mélenchon. Dans la peau de Nicolas Sarkozy, je me suis
dit que mon adversaire était coriace et que je l’avais peut-être un peu sous
estimé. Je me suis dit aussi que tous ceux qui rêvent dans mon camp de me
dégager pour qu’Alain Juppé soit candidat à ma place vont sans doute réviser
leur jugement. Dans la peau de Mélenchon, je bouillais devant ce combat de
libéraux qui faisaient la course à la meilleure façon de respecter les critères
européens et je me demandais de quoi j’aurais l’air si j’étais ministre de
François Hollande après tout ce que j’ai dit. Dépouillé de l’enveloppe
imaginaire de ces deux personnages je suis enfin redevenu moi-même… Pour
constater que, techniquement, François Hollande avait plutôt dominé un
adversaire, qui de toute évidence, ayant lui-même longtemps été critique sur
certains aspects du sarkozysme, n’était, finalement pas le meilleur avocat de
sa cause. Au-delà de l’émission d'hier soir, tout se passe comme si François
Hollande était en train de réussir à gauche ce que Nicolas Sarkozy avait réussi
à droite en 2007. Le temps des grands hommes capables par leur seul charisme,
leur histoire, de rallier à leur panache blanc ou tricolore, une majorité de
Français, est révolu. Du coup le problème des candidats est de réussir à mettre
en cohérence les contradictions de son camp pour espérer enclencher une
dynamique.

&amp;nbsp;

C’est ce que Nicolas Sarkozy avait fait il y a cinq ans…

Oui, il s’agissait pour lui d’être à la fois bien à droite
pour mobiliser sa base classique et assez social pour séduire les modérés, puis
une partie de la gauche et l’électorat populaire. La difficulté était de faire
disparaître cette idée bien arrêtée selon laquelle la droite n’est pas sociale.
Nicolas Sarkozy y était parvenu en 2007 en réanimant la valeur
«&amp;nbsp;travail&amp;nbsp;». On l’a un peu oublié parce que le bouclier fiscal a été
vite assimilé à un bouclier pour riches mais pendant la campagne de 2007,
l’impression dominante était qu’il protégeait les classes moyennes et que le
«&amp;nbsp;travailler plus pour gagner plus&amp;nbsp;» était fait pour les classes
populaires. Il faut rappeler que le candidat Sarkozy avait promis de ne pas
toucher à la retraite à 60 ans). Grace à un discours volontariste, Nicolas
Sarkozy avait donc réussi à faire coïncider deux cohérences qui n’avaient pas
l’habitude de cohabiter. François Hollande, pour l’instant fait de même. Bien à
gauche sur les valeurs, laïcité, égalité, mais très orthodoxe, très modéré sur
le volet économique…on voulait des chiffres…on en a eu&amp;nbsp;! A l’intérieur
même du volet économique François Hollande conforte la gauche en ponctionnant
les riches et rassure la droite puisque cette ponction n’est pas faite pour
être dispendieusement redistribuée mais, cette fois-ci, pour permettre un
comportement dit vertueux en matière budgétaire. François Hollande fait, à son
tour, coïncider deux logiques qui n’avaient pas l’habitude de voisiner. Si le
message passe, c’est que Hollande 2012, comme Sarkozy 2007 arrivent par leur
capacité d’entraînement et une campagne méticuleusement préparée à rassurer un
peuple aussi politique que le peuple français sur l’idée selon laquelle…
justement la politique peut encore avoir prise sur l’économie.</itunes:summary>
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