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<title>Géopolitique</title>
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<description>Regard sur la politique internationale</description>
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<title>Géopolitique</title>
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<title>Geopolitique</title>
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<description>durée : 00:03:16 - Géopolitique - par : Bernard GUETTA</description>
<author>podcast@radiofrance.com</author>
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<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 08:15:00 +0100</pubDate>
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<itunes:subtitle>Émission du 03.02.2012</itunes:subtitle>
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<item>
<title>Le naufrage afghan</title>
<link>http://www.franceinter.com</link>
<description>durée : 00:03:16 - Géopolitique - par : Bernard GUETTA - Tout cela était su mais on en
a désormais l’irréfutable preuve. Dans un rapport confidentiel dévoilé, hier,
par la BBC et le Times de Londres, l’Otan écrit que les services secrets
pakistanais, l’Isi, aident, protègent et pilotent les taliban afghans qui sont
plus forts que jamais et bénéficient d’un soutien populaire croissant. 

Fondé
sur 27&amp;nbsp;000 interrogatoires de 4000 prisonniers faits dans les ranges des
taliban et d’al Qaëda, ce report indique que la manipulation par le Pakistan de
la direction des taliban se poursuit sans relâche, que ses services secrets
prêtent la main à la préparation d’attaques contre les forces d’intervention
étrangères, que le Pakistan sait parfaitement bien où se trouvent les
dirigeants taliban et que l’un des plus célèbres d’entre eux, Nasiruddin
Haqqani, vit tout près du siège de l’Isi à Islamabad, la capitale pakistanaise.
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;

Cité
par ce rapport, un prisonnier d’al Qaëda dit que «&amp;nbsp; les taliban ne sont
pas l’islam mais Islamabad&amp;nbsp;» et il ressort également de ces interrogatoires
que la collaboration secrète entre les forces de sécurité afghanes et les
taliban ne fait que se développer, que la population préfère s’appuyer sur les
taliban qui se financent par le trafic de drogue que sur les autorités qui sont
trop corrompues et que les taliban freinent délibérément leurs opérations dans
certaines régions afin que les troupes étrangères les croient pacifiées et
qu’ils puissent alors en prendre les commandes à bas bruit. 

On
ne sait bien sûr pas qui a procuré ce rapport au Times et à la BBC mais cette
fuite impose comme jamais l’idée que les Américains et leurs alliés ont perdu
cette guerre. Alors qu’ils avaient été accueillis en libérateurs il y a onze
ans, ils l’ont perdue parce que Georges Bush avait mobilisé en Irak toutes les
forces et l’argent qu’il aurait fallu pour la gagner. Ils l’ont perdue parce
que les Afghans n’ont pas vu arriver les routes, les écoles et les hôpitaux
dont ils avaient espéré bénéficier après vingt ans de guerre provoqués par
l’intervention soviétique de 1979. Ils l’ont perdue parce qu’ils n’ont en
conséquence pas su s’attacher la population, que cela a permis aux taliban de
reconquérir une région après l’autre et que le Pakistan, surtout, en a tiré la
conclusion que les Américains partiraient en laissant les taliban revenir aux
commandes et qu’il lui fallait donc jouer une alliance avec eux pour contrôler
le pays après le départ des Etats-Unis et pouvoir opposer un ensemble musulman
à l’Inde, son ennemie historique. 

Quels
qu’ils soient, les auteurs de la fuite ont voulu signifier qu’il n’y avait plus
rien à attendre de cette intervention mais la publication de ce rapport vient
encore compliquer les choses. 

A
le lire, les taliban ne pourront que se dire qu’ils n’ont aucune raison de
faire la moindre concession aux Américains et au gouvernement afghan dans les
négociations qu’ils ont accepté d’ouvrir avec eux. Déjà détestables depuis que
les Américains avaient découvert qu’Oussama ben Laden vivait tranquillement au
Pakistan, les relations entre Washington et Islamabad vont se détériorer un peu
plus. Le navire coule et les Américains ne pourront même plus dire leur mission
accomplie lorsqu’ils se retireront politiquement et militairement défaits.</description>
<author>podcast@radiofrance.com</author>
<category >News &amp; Politics </category>
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<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 08:15:00 +0100</pubDate>
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<itunes:subtitle>Émission du 02.02.2012</itunes:subtitle>
<itunes:summary>durée : 00:03:16 - par : Bernard GUETTA - Tout cela était su mais on en
a désormais l’irréfutable preuve. Dans un rapport confidentiel dévoilé, hier,
par la BBC et le Times de Londres, l’Otan écrit que les services secrets
pakistanais, l’Isi, aident, protègent et pilotent les taliban afghans qui sont
plus forts que jamais et bénéficient d’un soutien populaire croissant. 

Fondé
sur 27&amp;nbsp;000 interrogatoires de 4000 prisonniers faits dans les ranges des
taliban et d’al Qaëda, ce report indique que la manipulation par le Pakistan de
la direction des taliban se poursuit sans relâche, que ses services secrets
prêtent la main à la préparation d’attaques contre les forces d’intervention
étrangères, que le Pakistan sait parfaitement bien où se trouvent les
dirigeants taliban et que l’un des plus célèbres d’entre eux, Nasiruddin
Haqqani, vit tout près du siège de l’Isi à Islamabad, la capitale pakistanaise.
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;

Cité
par ce rapport, un prisonnier d’al Qaëda dit que «&amp;nbsp; les taliban ne sont
pas l’islam mais Islamabad&amp;nbsp;» et il ressort également de ces interrogatoires
que la collaboration secrète entre les forces de sécurité afghanes et les
taliban ne fait que se développer, que la population préfère s’appuyer sur les
taliban qui se financent par le trafic de drogue que sur les autorités qui sont
trop corrompues et que les taliban freinent délibérément leurs opérations dans
certaines régions afin que les troupes étrangères les croient pacifiées et
qu’ils puissent alors en prendre les commandes à bas bruit. 

On
ne sait bien sûr pas qui a procuré ce rapport au Times et à la BBC mais cette
fuite impose comme jamais l’idée que les Américains et leurs alliés ont perdu
cette guerre. Alors qu’ils avaient été accueillis en libérateurs il y a onze
ans, ils l’ont perdue parce que Georges Bush avait mobilisé en Irak toutes les
forces et l’argent qu’il aurait fallu pour la gagner. Ils l’ont perdue parce
que les Afghans n’ont pas vu arriver les routes, les écoles et les hôpitaux
dont ils avaient espéré bénéficier après vingt ans de guerre provoqués par
l’intervention soviétique de 1979. Ils l’ont perdue parce qu’ils n’ont en
conséquence pas su s’attacher la population, que cela a permis aux taliban de
reconquérir une région après l’autre et que le Pakistan, surtout, en a tiré la
conclusion que les Américains partiraient en laissant les taliban revenir aux
commandes et qu’il lui fallait donc jouer une alliance avec eux pour contrôler
le pays après le départ des Etats-Unis et pouvoir opposer un ensemble musulman
à l’Inde, son ennemie historique. 

Quels
qu’ils soient, les auteurs de la fuite ont voulu signifier qu’il n’y avait plus
rien à attendre de cette intervention mais la publication de ce rapport vient
encore compliquer les choses. 

A
le lire, les taliban ne pourront que se dire qu’ils n’ont aucune raison de
faire la moindre concession aux Américains et au gouvernement afghan dans les
négociations qu’ils ont accepté d’ouvrir avec eux. Déjà détestables depuis que
les Américains avaient découvert qu’Oussama ben Laden vivait tranquillement au
Pakistan, les relations entre Washington et Islamabad vont se détériorer un peu
plus. Le navire coule et les Américains ne pourront même plus dire leur mission
accomplie lorsqu’ils se retireront politiquement et militairement défaits.</itunes:summary>
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<item>
<title>La chancelière et les prétendants français</title>
<link>http://www.franceinter.com</link>
<description>durée : 00:03:02 - Géopolitique - par : Bernard GUETTA - Nicolas Sarkozy s’est gardé
de le démentir dimanche soir. Personne ne l’a non plus fait dans l’entourage
d’Angela Merkel et il est ainsi probable que la chancelière allemande apportera
bien son soutien au président sortant lorsqu’il aura entamé ses meetings de
campagne. 

Cela
en choquera beaucoup, et pas seulement à gauche. Beaucoup verront là une
immixtion allemande dans la politique intérieure française mais il y a
longtemps que les politiques d’un pays européen ne se décident plus à
l’intérieur de ses seules frontières. Les citoyens élisent leurs dirigeants
nationaux mais ces dirigeants tendent toujours plus à n’être que leurs
représentants élus dans les instances de l’Union européenne, de cette Union qui
n’en finit plus de survivre à ses crises et d’en sortir renforcée. 

Non
seulement c’est au sein du Conseil européen, de l’assemblée des 27 chefs d’Etat
et de gouvernements, que se prennent toujours plus les décisions les plus
importantes mais les députés du Parlement de Strasbourg ne siègent pas en
groupes nationaux mais en groupes politiques. Transnationaux, il y a les groupes
de la gauche et de la droite et, à côté de ces grands groupes du Parti
socialiste européen et du Parti populaire européen, il y a ceux des Verts, des
libéraux, de la gauche de la gauche et de la droite de la droite. 

Constitué
autour des grands courants que l’on retrouve dans chaque pays, il y a un
échiquier politique paneuropéen et il n’est donc pas choquant mais logique que
ces forces, droite, gauche et autres, s’épaulent lors des élections nationales.
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy n’innoveront pas. Cela tend déjà à devenir la
norme et c’est, en l’occurrence, d’autant moins surprenant, que la chancelière
et le président se sont affirmés en copilotes de l’Union dans la crise des
dettes publiques et que leurs propositions sont convergentes. 

Ce
n’est pas seulement que l’une et l’autre prônent la rigueur dans le
rétablissement des comptes publics. C’est aussi qu’ils proposent d’assurer la
relance de la croissance par de nouvelles mesures de libéralisation économique
et, notamment, du droit du Travail. Il y a une droite franco-allemande à
laquelle s’oppose une gauche franco-allemande, dotée d’un programme commun
depuis l’année dernière et qui table, elle, sur des investissements à long
terme, la définition de politiques industrielles et la mutualisation des dettes
européennes pour que l’Union renoue avec la croissance. 

Comme
le disait récemment Angela Merkel, l’Europe, c’est de la politique intérieure
mais que se passerait-il, demain, si un président de gauche devait travailler
avec une chancelière de droite&amp;nbsp;? 

Ils
auraient certainement à s’apprivoiser mais ce ne serait pas le blocage parce
que les dirigeants allemand et français, quelle que soit leur couleur
politique, ont toujours surmonté leurs divergences en œuvrant ensemble à une
ambition européenne et qu’il se trouve qu’Angela Merkel et François Hollande en
ont une en commun – cette affirmation progressive d’une «&amp;nbsp;union politique&amp;nbsp;»
qui est devenue l’horizon de la chancelière et qui n’est pas, du tout, celui de
Nicolas Sarkozy.</description>
<author>podcast@radiofrance.com</author>
<category >News &amp; Politics </category>
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<pubDate>Wed, 01 Feb 2012 08:15:00 +0100</pubDate>
<podcastRF:businessReference>8778</podcastRF:businessReference><itunes:author>Bernard GUETTA</itunes:author>
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<itunes:keywords>La,chancelière,et,les,prétendants,français</itunes:keywords>
<itunes:subtitle>Émission du 01.02.2012</itunes:subtitle>
<itunes:summary>durée : 00:03:02 - par : Bernard GUETTA - Nicolas Sarkozy s’est gardé
de le démentir dimanche soir. Personne ne l’a non plus fait dans l’entourage
d’Angela Merkel et il est ainsi probable que la chancelière allemande apportera
bien son soutien au président sortant lorsqu’il aura entamé ses meetings de
campagne. 

Cela
en choquera beaucoup, et pas seulement à gauche. Beaucoup verront là une
immixtion allemande dans la politique intérieure française mais il y a
longtemps que les politiques d’un pays européen ne se décident plus à
l’intérieur de ses seules frontières. Les citoyens élisent leurs dirigeants
nationaux mais ces dirigeants tendent toujours plus à n’être que leurs
représentants élus dans les instances de l’Union européenne, de cette Union qui
n’en finit plus de survivre à ses crises et d’en sortir renforcée. 

Non
seulement c’est au sein du Conseil européen, de l’assemblée des 27 chefs d’Etat
et de gouvernements, que se prennent toujours plus les décisions les plus
importantes mais les députés du Parlement de Strasbourg ne siègent pas en
groupes nationaux mais en groupes politiques. Transnationaux, il y a les groupes
de la gauche et de la droite et, à côté de ces grands groupes du Parti
socialiste européen et du Parti populaire européen, il y a ceux des Verts, des
libéraux, de la gauche de la gauche et de la droite de la droite. 

Constitué
autour des grands courants que l’on retrouve dans chaque pays, il y a un
échiquier politique paneuropéen et il n’est donc pas choquant mais logique que
ces forces, droite, gauche et autres, s’épaulent lors des élections nationales.
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy n’innoveront pas. Cela tend déjà à devenir la
norme et c’est, en l’occurrence, d’autant moins surprenant, que la chancelière
et le président se sont affirmés en copilotes de l’Union dans la crise des
dettes publiques et que leurs propositions sont convergentes. 

Ce
n’est pas seulement que l’une et l’autre prônent la rigueur dans le
rétablissement des comptes publics. C’est aussi qu’ils proposent d’assurer la
relance de la croissance par de nouvelles mesures de libéralisation économique
et, notamment, du droit du Travail. Il y a une droite franco-allemande à
laquelle s’oppose une gauche franco-allemande, dotée d’un programme commun
depuis l’année dernière et qui table, elle, sur des investissements à long
terme, la définition de politiques industrielles et la mutualisation des dettes
européennes pour que l’Union renoue avec la croissance. 

Comme
le disait récemment Angela Merkel, l’Europe, c’est de la politique intérieure
mais que se passerait-il, demain, si un président de gauche devait travailler
avec une chancelière de droite&amp;nbsp;? 

Ils
auraient certainement à s’apprivoiser mais ce ne serait pas le blocage parce
que les dirigeants allemand et français, quelle que soit leur couleur
politique, ont toujours surmonté leurs divergences en œuvrant ensemble à une
ambition européenne et qu’il se trouve qu’Angela Merkel et François Hollande en
ont une en commun – cette affirmation progressive d’une «&amp;nbsp;union politique&amp;nbsp;»
qui est devenue l’horizon de la chancelière et qui n’est pas, du tout, celui de
Nicolas Sarkozy.</itunes:summary>
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</item>
<item>
<title>Le Sénégal en péril </title>
<link>http://www.franceinter.com</link>
<description>durée : 00:03:02 - Géopolitique - par : Bernard GUETTA - C’est l’histoire d’un pays africain qui fut longtemps un modèle
mais pourrait aujourd’hui sombrer dans la violence. Longtemps gouverné par un
intellectuel de gauche, Léopold Sédar Senghor, agrégé de grammaire, grand
poète, ministre français au temps de la colonisation, chantre de la négritude
et membre de l’Académie française, ce pays de l’Ouest africain, le Sénégal, fut
l’un des premiers du continent à avoir introduit le multipartisme. 

&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;
C’était, c’est encore, une démocratie assez solide pour être passée sans drame
ni fraude, il y a douze ans, de la gauche à la droite, d’un socialisme
paternaliste à un libéralisme revendiqué, acclamé par les institutions
financières internationales et incarné par un opposant de toujours, Abdoulaye Wade, réélu en 2007. Le Sénégal avait passé le test de l’alternance
postcoloniale. Rien ne semblait plus devoir menacer sa stabilité politique
mais, à 85 ans dont douze de pouvoir, Abdoulaye Wade ne veut pas plus se retirer
que laisser entrer en lice un concurrent qui aurait pu compromettre sa
réélection le 28 février prochain. 

Tous désignés par ce président sortant,
les cinq membres du Conseil constitutionnel ont ainsi mis le feu aux poudres.
Ils n’ont pas seulement estimé que la Constitution ne s’appliquait pas à lui et
qu’il pouvait se représenter car il n’était pas concerné par la limitation à
deux mandats présidentiels dans la mesure où elle était entrée en vigueur après
qu’il eut effectué son premier. Bien plus grave encore car infiniment plus
contestable, les Sages ont également invalidé la candidature d’un des hommes
les plus populaires du pays, le chanteur Youssou Ndur, au motif que ses
signatures de parrainage n’auraient pas été vérifiables. 

Or non seulement Youssou Ndur, né dans la
misère, est un artiste &amp;nbsp;mondialement connu et reconnu mais il a investi
ses cachets au Sénégal, y est devenu un entrepreneur à succès et y a créé un
groupe de presse écrite et audiovisuelle qui a rencontré la faveur du public.
Plus encore qu’une gloire nationale, il est un modèle au Sénégal, l’homme qui
s’est fait seul, qui n’a pas tourné le dos à son pays et dont le destin fait
rêver. 

Ce double arrêt du Conseil
constitutionnel, rebaptisé par la presse le «&amp;nbsp;Conseil insurrectionnel&amp;nbsp;»,
a donc fait descendre les gens dans la rue et l’on en est à un mort et de
nombreux blessés vendredi et deux tués hier. Ce n’est bien sûr pas la Syrie. Ce
n’est pas, non plus, la Côte d’Ivoire de ces dernières années mais de nouvelles
manifestations sont prévues aujourd’hui et l’inquiétude grandit car c’est un
bras de fer qui s’est engagé entre le vieux président sortant et un pays las
des promesses libérale qui ne veut pas tomber ans la présidence à vie, suivie
d’une présidence héréditaire dont l’ombre se profilait. 

L’inquiétude grandit. Les
Etats-Unis appellent Abdoulaye Wade à «&amp;nbsp;céder la place à la prochaine
génération&amp;nbsp;». Une démocratie est en péril.</description>
<author>podcast@radiofrance.com</author>
<category >News &amp; Politics </category>
<enclosure url="http://rf.proxycast.org/m/media/273073201426.mp3?c=information&amp;p=G%C3%A9opolitique_10009&amp;l3=20120131&amp;l4=&amp;media_url=http%3A%2F%2Fmedia.radiofrance-podcast.net%2Fpodcast09%2F10009-31.01.2012-ITEMA_20341122-0.mp3" length="3016704" type="audio/mpeg"  />
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<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 08:15:00 +0100</pubDate>
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<itunes:subtitle>Émission du 31.01.2012</itunes:subtitle>
<itunes:summary>durée : 00:03:02 - par : Bernard GUETTA - C’est l’histoire d’un pays africain qui fut longtemps un modèle
mais pourrait aujourd’hui sombrer dans la violence. Longtemps gouverné par un
intellectuel de gauche, Léopold Sédar Senghor, agrégé de grammaire, grand
poète, ministre français au temps de la colonisation, chantre de la négritude
et membre de l’Académie française, ce pays de l’Ouest africain, le Sénégal, fut
l’un des premiers du continent à avoir introduit le multipartisme. 

&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;
C’était, c’est encore, une démocratie assez solide pour être passée sans drame
ni fraude, il y a douze ans, de la gauche à la droite, d’un socialisme
paternaliste à un libéralisme revendiqué, acclamé par les institutions
financières internationales et incarné par un opposant de toujours, Abdoulaye Wade, réélu en 2007. Le Sénégal avait passé le test de l’alternance
postcoloniale. Rien ne semblait plus devoir menacer sa stabilité politique
mais, à 85 ans dont douze de pouvoir, Abdoulaye Wade ne veut pas plus se retirer
que laisser entrer en lice un concurrent qui aurait pu compromettre sa
réélection le 28 février prochain. 

Tous désignés par ce président sortant,
les cinq membres du Conseil constitutionnel ont ainsi mis le feu aux poudres.
Ils n’ont pas seulement estimé que la Constitution ne s’appliquait pas à lui et
qu’il pouvait se représenter car il n’était pas concerné par la limitation à
deux mandats présidentiels dans la mesure où elle était entrée en vigueur après
qu’il eut effectué son premier. Bien plus grave encore car infiniment plus
contestable, les Sages ont également invalidé la candidature d’un des hommes
les plus populaires du pays, le chanteur Youssou Ndur, au motif que ses
signatures de parrainage n’auraient pas été vérifiables. 

Or non seulement Youssou Ndur, né dans la
misère, est un artiste &amp;nbsp;mondialement connu et reconnu mais il a investi
ses cachets au Sénégal, y est devenu un entrepreneur à succès et y a créé un
groupe de presse écrite et audiovisuelle qui a rencontré la faveur du public.
Plus encore qu’une gloire nationale, il est un modèle au Sénégal, l’homme qui
s’est fait seul, qui n’a pas tourné le dos à son pays et dont le destin fait
rêver. 

Ce double arrêt du Conseil
constitutionnel, rebaptisé par la presse le «&amp;nbsp;Conseil insurrectionnel&amp;nbsp;»,
a donc fait descendre les gens dans la rue et l’on en est à un mort et de
nombreux blessés vendredi et deux tués hier. Ce n’est bien sûr pas la Syrie. Ce
n’est pas, non plus, la Côte d’Ivoire de ces dernières années mais de nouvelles
manifestations sont prévues aujourd’hui et l’inquiétude grandit car c’est un
bras de fer qui s’est engagé entre le vieux président sortant et un pays las
des promesses libérale qui ne veut pas tomber ans la présidence à vie, suivie
d’une présidence héréditaire dont l’ombre se profilait. 

L’inquiétude grandit. Les
Etats-Unis appellent Abdoulaye Wade à «&amp;nbsp;céder la place à la prochaine
génération&amp;nbsp;». Une démocratie est en péril.</itunes:summary>
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<item>
<title>Vladimir Poutine et la Syrie</title>
<link>http://www.franceinter.com</link>
<description>durée : 00:03:03 - Géopolitique - par : Bernard GUETTA - On comprend bien ses raisons.
Si Vladimir Poutine fait tout ce qu’il peut pour empêcher que le Conseil de
sécurité ne condamne et sanctionne les exactions du régime syrien, c’est qu’il
ne peut pas souhaiter, pas plus que les dirigeants chinois, qu’un soulèvement
populaire et l’aspiration à la démocratie ne fassent tomber une dictature de
plus dans le monde arabe. 

&amp;nbsp;Il sait bien que le succès des soulèvements tunisien et égyptien a donné des
idées à ses propres opposants. De la non-violence à internet en passant pas la
dérision, il est en butte, depuis décembre, à une contestation croissante qui
reproduit beaucoup des armes utilisées par le printemps arabe. La dictature
russe est, en un mot, solidaire d’une autre dictature face au vent de liberté
qui les menace toutes depuis un an. &amp;nbsp;

C’est
la première et la plus importante raison pour laquelle Vladimir Poutine
persiste, jusqu’à présent en tout cas, à opposer à tout projet de résolution
contre Bachar al-Assad le droit de veto dont la Russie dispose au Conseil de
sécurité. Sa deuxième raison est militaire car la Russie dispose en Syrie de
facilités qui lui assurent une présence maritime en Méditerranée. La troisième,
enfin, est diplomatique car la Russie ne veut ni que les Occidentaux ne
consolident la popularité qu’ils ont retrouvée dans le monde arabe en y
soutenant le printemps ni qu’ils ne se débarrassent de ce dernier obstacle à
leur bonne entente avec les pays musulmans qu’est l’axe constitué par l’Iran et
la Syrie. &amp;nbsp;

Pour
Vladimir Poutine, l’enjeu est de taille mais c’est au nom d’une cause perdue,
la survie du régime syrien, qu’il est en train de compromettre d’un coup, les
relations de la Russie avec les Occidentaux et l’ensemble du monde arabe.
Affaibli sur sa scène intérieure, Vladimir Poutine s’aveugle sur la scène
internationale et y affaiblit la Russie car, protection russe ou pas, Bachar
al-Assad perd pied. &amp;nbsp;

Impossibles
à comptabiliser, les désertions se multiplient dans les rangs de ses forces
armées. Elles sont en tout cas assez nombreuses pour que de véritables
affrontements militaires entre forces dissidentes et loyalistes se soient
désormais ajoutés aux manifestations de rue. Les massacres et la généralisation
de la torture utilisée, y compris contre des enfants, pour terroriser la
population n’ont fait que grossir l’indignation populaire et étendre la
contestation à toutes les régions sans exception. &amp;nbsp;

Même
la région de Damas n’est plus sûre pour ce régime puisque de nombreux faubourgs
de la capitale ont basculé dans l’insurrection et qu’il a fallu y envoyer deux
mille hommes en renfort ce week-end. Non seulement l’insurrection se renforce
en Syrie mais le secrétaire-général de la Ligue arabe arrive aujourd’hui à New
York, flanqué du chef de l’opposition syrienne, pour demander au Conseil de
sécurité de soutenir le plan de transition proposé par son organisation. Il n’a
que deux pays à convaincre, la Chine et la Russie, et sa démarche est
particulièrement embarrassante pour le Kremlin.</description>
<author>podcast@radiofrance.com</author>
<category >News &amp; Politics </category>
<enclosure url="http://rf.proxycast.org/m/media/273073201426.mp3?c=information&amp;p=G%C3%A9opolitique_10009&amp;l3=20120130&amp;l4=&amp;media_url=http%3A%2F%2Fmedia.radiofrance-podcast.net%2Fpodcast09%2F10009-30.01.2012-ITEMA_20340835-0.mp3" length="3039232" type="audio/mpeg"  />
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<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 08:15:00 +0100</pubDate>
<podcastRF:businessReference>8778</podcastRF:businessReference><itunes:author>Bernard GUETTA</itunes:author>
<itunes:explicit>no</itunes:explicit>
<itunes:keywords>Vladimir,Poutine,et,la,Syrie</itunes:keywords>
<itunes:subtitle>Émission du 30.01.2012</itunes:subtitle>
<itunes:summary>durée : 00:03:03 - par : Bernard GUETTA - On comprend bien ses raisons.
Si Vladimir Poutine fait tout ce qu’il peut pour empêcher que le Conseil de
sécurité ne condamne et sanctionne les exactions du régime syrien, c’est qu’il
ne peut pas souhaiter, pas plus que les dirigeants chinois, qu’un soulèvement
populaire et l’aspiration à la démocratie ne fassent tomber une dictature de
plus dans le monde arabe. 

&amp;nbsp;Il sait bien que le succès des soulèvements tunisien et égyptien a donné des
idées à ses propres opposants. De la non-violence à internet en passant pas la
dérision, il est en butte, depuis décembre, à une contestation croissante qui
reproduit beaucoup des armes utilisées par le printemps arabe. La dictature
russe est, en un mot, solidaire d’une autre dictature face au vent de liberté
qui les menace toutes depuis un an. &amp;nbsp;

C’est
la première et la plus importante raison pour laquelle Vladimir Poutine
persiste, jusqu’à présent en tout cas, à opposer à tout projet de résolution
contre Bachar al-Assad le droit de veto dont la Russie dispose au Conseil de
sécurité. Sa deuxième raison est militaire car la Russie dispose en Syrie de
facilités qui lui assurent une présence maritime en Méditerranée. La troisième,
enfin, est diplomatique car la Russie ne veut ni que les Occidentaux ne
consolident la popularité qu’ils ont retrouvée dans le monde arabe en y
soutenant le printemps ni qu’ils ne se débarrassent de ce dernier obstacle à
leur bonne entente avec les pays musulmans qu’est l’axe constitué par l’Iran et
la Syrie. &amp;nbsp;

Pour
Vladimir Poutine, l’enjeu est de taille mais c’est au nom d’une cause perdue,
la survie du régime syrien, qu’il est en train de compromettre d’un coup, les
relations de la Russie avec les Occidentaux et l’ensemble du monde arabe.
Affaibli sur sa scène intérieure, Vladimir Poutine s’aveugle sur la scène
internationale et y affaiblit la Russie car, protection russe ou pas, Bachar
al-Assad perd pied. &amp;nbsp;

Impossibles
à comptabiliser, les désertions se multiplient dans les rangs de ses forces
armées. Elles sont en tout cas assez nombreuses pour que de véritables
affrontements militaires entre forces dissidentes et loyalistes se soient
désormais ajoutés aux manifestations de rue. Les massacres et la généralisation
de la torture utilisée, y compris contre des enfants, pour terroriser la
population n’ont fait que grossir l’indignation populaire et étendre la
contestation à toutes les régions sans exception. &amp;nbsp;

Même
la région de Damas n’est plus sûre pour ce régime puisque de nombreux faubourgs
de la capitale ont basculé dans l’insurrection et qu’il a fallu y envoyer deux
mille hommes en renfort ce week-end. Non seulement l’insurrection se renforce
en Syrie mais le secrétaire-général de la Ligue arabe arrive aujourd’hui à New
York, flanqué du chef de l’opposition syrienne, pour demander au Conseil de
sécurité de soutenir le plan de transition proposé par son organisation. Il n’a
que deux pays à convaincre, la Chine et la Russie, et sa démarche est
particulièrement embarrassante pour le Kremlin.</itunes:summary>
<itunes:duration>00:03:03</itunes:duration>
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<title>Les islamistes à l'épreuve du pouvoir</title>
<link>http://www.franceinter.com</link>
<description>durée : 00:03:09 - Géopolitique - par : Bernard GUETTA - Les Frères musulmans – ils viennent de le répéter – ne présenteront pas de 
candidat à la présidentielle égyptienne. Alors même qu’ils ont réuni près de 40% 
des suffrages aux élections de l’Assemblée constituante, qu’ils y détiennent 
près de la moitié des sièges et s’en sont donc assuré la présidence, alors même 
que le parti qu’ils ont formé, Liberté et Justice, est aussitôt devenu la 
première formation du pays, les Frères ne veulent pas briguer le poste de chef 
de l’Etat. 
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le 
dépôt des candidatures ne s’ouvre que le 15 avril. Ils ont encore le temps de se 
raviser mais il serait étonnant qu’ils le fassent car ils ont de bonnes raisons 
de plutôt souhaiter trouver, comme ils le disent, un candidat de consensus avec 
l’ensemble des autres forces politiques. Comme en Tunisie, la croissance 
dégringole et le chômage augmente. Comme en Tunisie, les tensions sociales sont 
de plus en plus fortes et, un an après sa révolution, l’Egypte reste 
insaisissable et incertaine, prise entre la déception de la jeunesse qui estime, 
à juste titre, s’être fait voler sa victoire, la spectaculaires percée des 
salafistes, les plus intégristes des islamistes qui se sont adjugés 29% des 
voix, et l’armée surtout, héritée de l’ancien régime, puissante et qui ne 
renoncera pas à son pouvoir aussi facilement qu’elle l’affirme. 

Il ne sera pas facile de 
gouverner l’Egypte. Il n’y a que des coups à y prendre et plutôt que de les 
prendre seuls et d’y perdre leur popularité, les Frères préfèrent d’autant plus 
partager les risques avec d’autres que leur centralité politique leur assure de 
toute manière une influence dont ils n’auraient même pas rêvé il y a un 
an.
Courtisés par les 
Etats-Unis qui veulent rester en bons termes avec l’Egypte et désireux de ne pas 
tout perdre en quelques mois, les Frères jouent la prudence et l’ouverture, 
cherchent les alliances qui leur permettraient de faire face aux surenchères 
salafistes – jouent, en un mot, le jeu de la démocratie, des compromis et du 
respect du pluralisme. Ils font exactement ce que font les islamistes marocains 
maintenant qu’ils ont formé le gouvernement et ce que font également les 
islamistes tunisiens d’Ennahda qui s’emploient à rassurer les investisseurs, 
cherchent des appuis contre la colère sociale et &amp;nbsp;viennent 
d’hausser le ton contre leurs propres salafistes en les faisant évacuer de la 
faculté qu’ils occupaient pour y imposer de force le voile intégral. 

Partout où ils sont arrivés 
au pouvoir, les islamistes s’arrondissent à son épreuve. Pour l’heure en tout 
cas, l’islamisme s’avère bel et bien soluble dans la démocratie et leurs 
représentants tunisien et marocain s’affairaient hier, à Davos, à expliquer aux 
grands de ce monde que ni la liberté ni l’argent n’avaient rien à craindre 
d’eux. Ils y étaient d’autant plus à l’aise que ces conservateurs 
traditionnalistes sont des libéraux, partisans du marché libre et bien décidés à 
s’entendre avec les grandes entreprises, comme leurs cousins et inspirateurs 
turcs ont si bien su le faire à Istanbul.</description>
<author>podcast@radiofrance.com</author>
<category >News &amp; Politics </category>
<enclosure url="http://rf.proxycast.org/m/media/273073201426.mp3?c=information&amp;p=G%C3%A9opolitique_10009&amp;l3=20120127&amp;l4=&amp;media_url=http%3A%2F%2Fmedia.radiofrance-podcast.net%2Fpodcast09%2F10009-27.01.2012-ITEMA_20340264-0.mp3" length="3127296" type="audio/mpeg"  />
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<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 08:15:00 +0100</pubDate>
<podcastRF:businessReference>8778</podcastRF:businessReference><itunes:author>Bernard GUETTA</itunes:author>
<itunes:explicit>no</itunes:explicit>
<itunes:keywords>Les,islamistes,à,l'épreuve,du,pouvoir</itunes:keywords>
<itunes:subtitle>Émission du 27.01.2012</itunes:subtitle>
<itunes:summary>durée : 00:03:09 - par : Bernard GUETTA - Les Frères musulmans – ils viennent de le répéter – ne présenteront pas de 
candidat à la présidentielle égyptienne. Alors même qu’ils ont réuni près de 40% 
des suffrages aux élections de l’Assemblée constituante, qu’ils y détiennent 
près de la moitié des sièges et s’en sont donc assuré la présidence, alors même 
que le parti qu’ils ont formé, Liberté et Justice, est aussitôt devenu la 
première formation du pays, les Frères ne veulent pas briguer le poste de chef 
de l’Etat. 
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le 
dépôt des candidatures ne s’ouvre que le 15 avril. Ils ont encore le temps de se 
raviser mais il serait étonnant qu’ils le fassent car ils ont de bonnes raisons 
de plutôt souhaiter trouver, comme ils le disent, un candidat de consensus avec 
l’ensemble des autres forces politiques. Comme en Tunisie, la croissance 
dégringole et le chômage augmente. Comme en Tunisie, les tensions sociales sont 
de plus en plus fortes et, un an après sa révolution, l’Egypte reste 
insaisissable et incertaine, prise entre la déception de la jeunesse qui estime, 
à juste titre, s’être fait voler sa victoire, la spectaculaires percée des 
salafistes, les plus intégristes des islamistes qui se sont adjugés 29% des 
voix, et l’armée surtout, héritée de l’ancien régime, puissante et qui ne 
renoncera pas à son pouvoir aussi facilement qu’elle l’affirme. 

Il ne sera pas facile de 
gouverner l’Egypte. Il n’y a que des coups à y prendre et plutôt que de les 
prendre seuls et d’y perdre leur popularité, les Frères préfèrent d’autant plus 
partager les risques avec d’autres que leur centralité politique leur assure de 
toute manière une influence dont ils n’auraient même pas rêvé il y a un 
an.
Courtisés par les 
Etats-Unis qui veulent rester en bons termes avec l’Egypte et désireux de ne pas 
tout perdre en quelques mois, les Frères jouent la prudence et l’ouverture, 
cherchent les alliances qui leur permettraient de faire face aux surenchères 
salafistes – jouent, en un mot, le jeu de la démocratie, des compromis et du 
respect du pluralisme. Ils font exactement ce que font les islamistes marocains 
maintenant qu’ils ont formé le gouvernement et ce que font également les 
islamistes tunisiens d’Ennahda qui s’emploient à rassurer les investisseurs, 
cherchent des appuis contre la colère sociale et &amp;nbsp;viennent 
d’hausser le ton contre leurs propres salafistes en les faisant évacuer de la 
faculté qu’ils occupaient pour y imposer de force le voile intégral. 

Partout où ils sont arrivés 
au pouvoir, les islamistes s’arrondissent à son épreuve. Pour l’heure en tout 
cas, l’islamisme s’avère bel et bien soluble dans la démocratie et leurs 
représentants tunisien et marocain s’affairaient hier, à Davos, à expliquer aux 
grands de ce monde que ni la liberté ni l’argent n’avaient rien à craindre 
d’eux. Ils y étaient d’autant plus à l’aise que ces conservateurs 
traditionnalistes sont des libéraux, partisans du marché libre et bien décidés à 
s’entendre avec les grandes entreprises, comme leurs cousins et inspirateurs 
turcs ont si bien su le faire à Istanbul.</itunes:summary>
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